Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Succesrama | June 26, 2017

Scroll to top

Top

Pas de commentaires

Aristide Boucicaut (1810-1877) ou les principes de la grande distribution …

Aristide Boucicaut (1810-1877) ou les principes de la grande distribution …
Jean-Charles

 

Nous sommes au XIX e siècle, la première révolution industrielle à transformé la capitale. Sa population qui a doublé depuis le début du siècle, atteint un million d’habitants. Le montant de l’épargne y a quadruplé en vingt ans. Un homme inspiré :  Aristide Boucicaut, voit dans cette nouvelle prospérité, un potentiel mercantile extraordinaire.

Il va gérer en 1852 avec Paul Videau, – Au Bon Marché – , un immense magasin où l’on trouve toutes sortes d’articles, qui va révolutionner le commerce avec des idées novatrices jamais exploitées jusqu’alors.

Comment cet inventeur de génie a t-il procédé et posé les fondements de la grande distribution ?

Quel est le véritable secret de sa réussite ?

Fils de chapelier, ce normand nait en 1810 et travaille d’abord comme commis dans la boutique paternelle. Il monte à Paris à l’âge de 18 ans et est embauché comme employé au « Petit Saint-Thomas » , un magasin de nouveauté. Or les boutiques de la ville ont mauvaise réputation. Les marges sont énormes et le marchandage, qui est de règle, permet de fixer les prix à la tête du client.

Boucicaut apprend le métier et en 1852, il s’associe au propriétaire du « Bon Marché » .

Dès 1855, il supprime le marchandage, affiche ses prix sur des étiquettes et inculque sa doctrine à tous ses employés : le client est roi !

Plusieurs idées révolutionnaires prennent ainsi formes, avec notamment le libre accès du consommateur au magasin, sans obligation d’achat. Il invente également le prix fixe en bannissant le marchandage et affiche des tarifs, inférieurs de 20% à ceux de ses concurrents.

Il achète pour cela ses produits en très grandes quantités et met en concurrence ses fournisseurs. Très vite le volume des ventes et la rotation rapide des stocks compensent la baisse de ses marges.

Ses innovations continuent pendant deux décennies. Il instaure la livraison à domicile, la possibilité d’échanger un article, pour souligner au passage la grande qualité de ses produits. Il est le premier à mettre en place le concept des soldes en janvier, avec sa « semaine du blanc » pour dynamiser les ventes, souvent moribondes après les fêtes de fin d’année.

Enfin il innove encore avec la vente par correspondance, en concevant des catalogues pour ses clients de province.

Bref, il fait du  « Bon Marché » un temple de la consommation incarnant les valeurs de la bourgeoisie du second empire (1852-1870). Emile Zola, inspiré et fasciné par ce magasin, décrira l’irrésistible ascension de ce génie en marketing, dans son roman « Au bonheur des dames » .

Malgré l’afflux de clients, ses innovations en série effraient son associé, qui se retire de l’affaire en 1863. Désormais seul maître à bord, Aristide Boucicaut en profite pour se donner les moyens de bâtir un véritable empire commercial. Il surmonte la façade du « Bon Marché » de  coupoles et habille le hall de son palais de la consommation en s’offrant les services de l’ingénieur Gustave Eiffel et l’architecte Louis-Charles-Boileau.

Il obtient dès lors l’écrin de ses rêves en 1869.

Son magasin offre ainsi, à la bourgeoisie parisienne un étalage de luxe dans de grandes vitrines éclairées, dans lesquelles les plus belles étoffes habillent des mannequins de cire. Il organise également des soirées, des concerts, des spectacles qui deviennent très vite les évènements mondains incontournables de la capitale.

Il tresse des liens étroits avec la presse pour assurer la promotion de ses affaires et distribue toutes sortes d’objets publicitaires dont des agendas, vantant les mérites de la « féérie de son établissement » .

En résumé, Aristide Boucicaut a compris avant tous ses concurrents que la consommation est un spectacle qui se doit de bénéficier d’une véritable mise en scène.

Rusé, créatif et une bosse du commerce hors du commun (son imposante stature est à l’origine de la fameuse expression : « la bosse du commerce »), le maître des lieux est aussi un véritable manager de choc. Il applique les mêmes règles que dans l’industrie, en rationalisant les tâches de ses employés.

Boucicaut forme son personnel, établie des statistiques quotidiennes de vente, par produit et par chef de rayon et instaure la promotion interne. Ses salariés sont mieux payés qu’ailleurs, grâce à des commissions sur les ventes. Il crée pour eux une cantine, une caisse de retraite et divers autres services sociaux. En contre partie, chacun doit se plier à ses règles.

Ses troupes le surnomme d’ailleurs : « Le Juste » .

La révolution du commerce déclenchée par Aristide Boucicaut fera école, à la fin du XIX e Siècle. De grands magasins ouvriront dans toutes les principales capitales. A Paris, ses principaux concurrents seront par la suite Jules Jaluzot, qui fondera Le Printemps en 1865 et Marie-Louise Jaÿ, cofondatrice de la Samaritaine (1869). Tous deux étaient des anciens employés du « Bon Marché » !

A travers sa formidable réussite, Aristide Boucicaut avait compris un des « secret fondamental » du bon commerce : il faut donner pour recevoir.

Les leçons de son succès :

  • Acheter en grande quantité pour vendre au meilleur prix
  • Soigner la décoration du magasin pour souligner la qualité des produits
  • Multiplier les services aux clients pour les séduire et les fidéliser

Poster un commentaire

CommentLuv badge