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Succesrama | September 20, 2017

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6 Comments

Carlos Ghosn, P-DG emblématique de l’alliance Renault-Nissan …

Carlos Ghosn

Carlos Ghosn est un P-DG très médiatisé. Il peut à la fois agacé par ses méthodes de management jugées, de temps à autre brutales ou au contraire, susciter l’admiration pour sa réussite au sein de l’alliance Renault-Nissan, dont il est aussi l’instigateur.

Gonflé, du culot à revendre, un franc-parlé certain et des prises de décisions tranchantes comme un coup de machette, il a sauvé Nissan et fait de Renault un groupe mondial.

De quelle manière a-t-il réussit un tel doublon ?

Des stratégies souvent taxées de rudesse, certes, mais sacrément efficaces !

 

Une fusion déterminante

 

Carlos Ghosn est né en 1954, au Brésil à Porto Velho.

Polyglotte, il entend depuis sa tendre enfance parler français, libanais ou portugais. Il émigre dès l’âge de six ans au Liban avec sa famille où il fera ses études secondaires dans une école Jésuite.

La discipline enseignée dans ce genre d’institution lui donneront le goût du défi et de la compétitivité.

Il finira ensuite son cursus à l’école polytechnique et des Mines de Paris.

Son parcours commence par la case Michelin en 1978. Après diverses fonctions et connaissant bien le marché Sud-Américain, il devient chef des opérations sur le même continent.
Mais c’est grâce à la fusion qu’il entreprend entre Michelin Nord-Américain avec Uniroyal Goodrich Tire and Co qui marquera un premier tournant important de sa carrière.

 

L’épisode Nissan

 

On ne peut pas évoquer la réussite de Ghosn sans s’attarder un instant sur le constructeur automobile japonais qui était au moment de sa reprise, complètement à la dérive.

Il rentre chez Renault en 1996 et devient Vice-Président-Exécutif en charge du management général. C’est à ce moment-là qu’il recommande à son patron, Louis Schweitzer, de prendre des parts dans cette entreprise nippone en difficulté, malgré la réticence d’autres cadres de l’entreprise.

Il est vrai que le pari est extrêmement risqué, le Japon ayant une culture très différente du mode de vie occidentale.

Mais Carlos tient à relever le défi.

Car Nissan est au bord du gouffre et seul, un changement radical de management peut le sauver.

En effet, l’entreprise est sclérosée par le système du – Keiretsu - .

Pour bien comprendre l’enjeu financier qui se joue, il faut savoir que ce fonctionnement de groupes nippons lie chaque grande entreprise à la multitude de ses sous-traitants.

Or, au sein du Keiretsu de Nissan, c’est une communauté d’intérêts qui avec le temps a pris l’habitude de toujours miser sur les mêmes collaborations. Il en résulte un manque de compétitivité et d’innovation.

Pire, sa gamme vieillit, son développement stagne et ses stratégies pusillanimes finissent par plomber les ventes.

 

Nissan-Fuga Hybride

La Nissan-Fuga Hybride sera lancée au Japon à la fin de 2010

 

Il faut sauver le « soldat Nissan »

 

Pour sauver la marque, il faut démanteler le Keiretsu, condamnant ainsi certains membres de la fratrie …

Seul un intervenant étranger avec suffisamment de recul et d’influence peut donner un tel coup de scalpel dans ces traditions bien enracinées dans l’industrie japonaises.

En résumé, de grandes décisions s’imposent par

  • La suppression des fournisseurs privilégiés.
  • La fin de l’avancement à l’ancienneté.
  • La mise en place des salaires liés aux performances
  • La fermeture de sites de production

Et c’est Carlos Ghosn avec son physique atypique – mélange de traits européens et asiatiques – au sein de Renault qui s’en charge … et sans état d’âme.

Ce personnage cosmopolite réussit à s’imposer, mais aussi à diminuer le rapport de force entre le constructeur français qui vient d’acquérir 44% de Nissan et l’empire du soleil levant.

Il faut dire que Ghosn s’en donne les moyens. En plus de son habilité, il apprend le japonais et défère ostensiblement aux mœurs locales.

De plus la complémentarité de l’alliance Renault-NIssan se traduit par deux avantages :

Le premier est que Renault détient une belle position en Europe, mais n’existe guère en Asie.
Le deuxième est le cumul des deux spécialités de chacun. Renault possède des moteurs diesel efficace et a développé l’injection directe.
Quant à Nissan, il dispose de solides boites à vitesse automatiques, de moteurs V6 et V8 et d’un châssis à quatre roues directrices.

 

Un nouveau système gagnant

 

Les résultats sont éloquents.

Il redresse tellement bien le gouvernail que Nissan sort du rouge en deux ans et efface sa dette dès 2003.
Et contre toute attente, malgré ces décisions draconiennes, le nouveau patron étranger du constructeur japonais devient très populaire. Carlos est invité aux talk-show japonais où son franc-parler assoit sa légitimité au sein de Nissan.

Peut-on parler de vanité personnelle pour autant ?

Après tout, pourquoi pas, si son image de P-DG redresseur d’entreprise, peut faire vendre au passage des voitures ? C’est avant tout un bon coup de « promo » au moindre coût dont il aurait bien tord de se priver !

Il faut dire que l’homme a du cœur à l’ouvrage. Si la réduction drastique des coûts de production est une des clés de la renaissance du constructeur nippon. A l’inverse les investissements sont aussi conséquents comme la création d’une usine aux États-Unis dès 2001.

En France, la presse s’enflamme également pour son charisme et son succès. Même si certaines mauvaises langues critiquent le recul de Renault sur le marché des voitures de hautes gammes.

En tous les cas, cela ne l’empêche pas de succéder en avril 2005 son patron Louis Schweitzer pour être définitivement le président de l’alliance Renault-Nissan.

 

Carlos Ghosn

"Il n'y a pas de limite à ce que nous pouvons faire" dit-il à ses salariés.

 

Une personnalité autoritaire

 

Aujourd’hui Ghosn dirige le groupe Renault.

Seulement, les résultats sont moins flamboyants qu’ils ne l’ont été chez Nissan. La conjoncture économique, contrariée par la crise n’a pas vraiment aidée non plus.
On rajoute à cela, la pression exercée sur le personnel ainsi que les vagues de suicides au sein du constructeur qui ont fortement défrayées la chronique.

Et puis, la fermeture tumultueuse de l’usine de Renault à Vilvoorde, en Belgique qui a aussi profondément marqué les esprits.

Bref, la somme de tous ces déboires commencent sérieusement à ternir le blason du « Super P-DG »  Ghosn.

Sans parler, récemment d’une sombre histoire d’espionnage industrielle, qui a lancé le discrédit sur certains cadres de la marque.
Malgré un « méa-culpa » au journal de 20H00, blanchissant ses employés pourtant accusés à torts, Carlos Ghosn a montré un côté péremptoire dont il était assurément capable.

Cependant, on retiendra les prouesses de ce manager qui à travers ses précédents postes, était le chef étranger qui a su associer des équipes souvent rivales comme les techniciens français et brésiliens de Michelin, la fusion ensuite entre Michelin et Uniroyal-Goodrich et enfin, la collaboration entre les managers de Renault et Nissan.

N’oublions pas aussi l’investissement de Renault chez Lada qui était également en quasi-faillite et dont les ventes sont reparties en flèches.

De plus, il y a son nouveau grand défi qui est le véhicule électrique, devenu depuis une priorité absolue chez Renault.
Surtout en ces périodes de crises pétrolières, où le prix du baril flambe aussi vite qu’une allumette !

Enfin, qu’il soit adulé ou contesté pour les diverses raisons évoquées plus haut, Carlos Ghosn a tout de même un sacré palmarès à son actif.

Ce qui lui vaut de faire partie des dix dirigeants les plus puissants du monde !

 

Les leçons de son succès :

  • Comprendre parfaitement la culture de l’entreprise qu’il faut redresser.
  • Annoncer toutes les mesures de redressement à la fois, en les inscrivant dans un plan unique

« Ce qui est important, c’est l’avenir à long terme de l’entreprise. » (Carlos Ghosn)


Commentaires

  1. Ce qui est important, c’est l’avenir à long terme de l’entreprise. » (Carlos Ghosn)

    Oui mais à quel prix ( humains !), avec quels sacrifices ( humains ? )? Son regard en dit long !

    Merci pour cet article très instructif. Maintenant, j’espère que tous les grands leaders qui ont le même palmarès ne procèdent pas comme lui.

    Exceller au détriments des autres ( des salariés)…je n’adhère pas. Cela fait trop de dégâts et je le vois quotidiennement dans mon travail de thérapeute.

    Karine

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour karine,

      Je me doutais que le portrait d’un Carlos Ghosn susciterait au moins une réaction ;-)

      Plus sérieusement, je trouve ton avis légitime. L’homme est loin d’être un saint.
      Seuls les résultats comptent et tant pis pour les dommages collatéraux rapport aux salariés.

      Pour ma part, je me sens plus proche d’un Richard Branson qu’un C.Ghosn.
      Ils affichent tous les deux une réussite exceptionnelle, mais selon des méthodes totalement opposées …

  2. Idem, je suis pas fan du personnage..

    • Jean-Charles Dimier

      Bon, je crois qu’il va être difficile de trouver quelqu’un qui l’apprécie vraiment :-)

  3. Ayman

    Pour l’avoir rencontre dans un cadre familial (je suis Libanais) je peux vous dire qu’il est tres gentil et ne se prends pas au serieux!
    Apres dans le cadre du travail… bon je ne peux pas dire, je ne travaille pas chez Renault / Nissan.
    En tout cas, bien qu’il soit petit, je peux vous assurer qu’il a une prestance et un charisme impressionnant ! Il degage vraiment qq chose de fort, on se sent minuscule a cote de lui :)
    Un Grand Monsieur, qu’on aime, ou pas.
    Bonne description de son parcours
    Amicalement,

    • Jean-Charles Dimier

      Merci beaucoup pour ton témoignage Ayman. Cela permet de nuancer un peu les choses. ;-)

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