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Succesrama | June 29, 2017

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11 Comments

Estée Lauder (1906-2004), femme d’affaire en cosmétique et pionnière du buzz

Estée Lauder (1906-2004), femme d’affaire en cosmétique et pionnière du buzz
Jean-Charles

 

Dans ces nombreux portraits du succès, nous avons surtout évoqué jusqu’à présent des histoires d’homme.

À deux exceptions près puisque deux articles ont été consacrés à des femmes d’affaire comme Cindy Cashman ou encore dans le cadre d’un article invité Christine Comaford, écrit par Emmanuelle Labat du blog « Aimaenergy  » .

 

Réparons donc cette injustice immédiatement ;) en nous intéressant à l’histoire d’une autre femme d’exception qui fit fortune dans le monde des cosmétiques, bien avant l’Oréal et le déballage médiatique de leur querelle familiale.

 

Estée Lauder fut à la fois démonstratrice, vendeuse hors pair et pionnière du buzz, mais surtout elle bâtit son empire cosmétique sur le terrain.

 
 

Voici son parcours.

 

Tout commença par un rêve qui finalement ne se réalisa jamais.

Estée voulait être actrice de cinéma.

Or le destin propose parfois un autre chemin détourné pour accéder à l’épanouissement d’une vie accomplie.

 

L’arrivée d’un oncle providentiel

 

Né à New-York d’un père tchèque et d’une mère hongroise, Joséphine Esther Mentzer vécu son enfance dans l’étroite quincaillerie de ses parents, au milieu d’une ribambelle de frères et sœurs.

Très tôt, elle prit le virus de la vente en organisant la vitrine de l’affaire familiale afin d’aiguiller les clients du magasin pour acheter les nouveautés.

Un oncle nommé John Schotz débarqua un jour de Hongrie pour s’installer dans un local derrière la quincaillerie.

Il est chimiste de formation et commence à créer un petit laboratoire.

Il concocte des crèmes et autres produits de beauté.

Estée, fascinée devient très vite « le disciple » de cet homme aux recettes curatives particulières.

Ce dernier est ravi de lui apprendre comment soigner son visage de manière subtile, sans savon, mais avec juste une fine couche de crème après un lavage à l’eau.

Nous sommes dans les années folles et le marché des cosmétiques est en plein boom.

La « middle class » américaine qui travaille ne considère plus le maquillage comme une frivolité, mais comme une nécessité.

L’âge d’or d’Hollywood entretien aussi cette apparence, influencée par le faste que dégage les stars de cinéma.

Bref, l’oncle John en profite pour ouvrir une boutique en plein Manhattan.

Entre-temps, Estée se marie avec le fils d’un tailleur John Lauder.

Ils ont un fils Léonard.

Ce qui n’empêche pas la nouvelle mère de famille de courir les magasins pour vendre les crèmes qu’elle prépare dans sa cuisine d’après les formules de son oncle.

Fidèle cliente de son salon de coiffure, elle en fait son terrain de chasse favori.

Elle propose aux différentes femmes qui patientent sous le casque chauffant un soin gratuit pour le visage.

Rares sont celles qui refusent et après une démonstration concluante, nombreuses passent une commande la fois d’après.

Impressionnée par sa stratégie, la patronne des lieux lui propose de louer quelques mètres carrés afin qu’elle puisse installer une sorte de stand où sont présentés ses produits cosmétiques.

Estée dotée enfin d’un lieu d’exposition bénéficie d’un bouche-à-oreille qui alimente sa notoriété.

Bien que son ambition soit de toucher un jour les lectrices de « Vogue » ou encore « Harper’s Bazaar » (célèbre magazine féminin américain), elle s’investit pour cela encore plus dans son entreprise, au détriment de sa vie de couple.

Son mari, lassé demande le divorce.

 

« Elle apprit avec son oncle à préparer ses propres produits. Un savoir faire qu'elle mettra en scène durant toute sa vie. »


 

Cibler une clientèle haut de gamme

 

La deuxième guerre mondiale éclate en 1939 et paradoxalement les affaires prospèrent.

En temps de crise, autant se faire plaisir et la coquetterie prend le dessus par exemple sur l’alimentaire.

Une étude officielle de l’époque prouve même opportunément que les ouvrières travaillent mieux maquillées !

Toujours est-il que le business des cosmétiques marchent très bien.

Cependant, si  Estée est une excellente vendeuse, sa mauvaise gestion des comptes handicape légèrement son ascension.

Finalement, son ex-mari lui donne un coup de main et en s’associant avec elle, ils se remarient de nouveau.

Grâce à un prêt, Estée ouvre une boutique dans un restaurant désaffecté.

Son désir est d’avoir comme allié les grands magasins prestigieux pour atteindre la clientèle huppée.

Une anecdote raconte à ce propos que durant son entrevu avec le responsable des établissements Saks, Estée remarque que la joue de l’homme est abîmée.

Elle lui prescrit immédiatement l’une de ses crèmes.

Le résultat ne se fait pas attendre et un autre cadre du magasin lui confie l’acné de sa fille à soigner.

Elle parvient ainsi à obtenir l’accord de cibler les meilleurs clients de la chaîne pour lancer sa ligne de cosmétique.

D’autres du mêmes types seront signés aux États-Unis puis en Europe.

Avec à chaque fois la même implication personnelle, la même énergie lors des négociations et l’inauguration des points de vente.

Elle séduit de ce fait Neiman Marcus à Dallas, Harrods à Londres et les Galeries Lafayette à Paris.

Sa conviction et son enthousiasme contaminent les journalistes de mode les plus récalcitrants afin qu’ils parlent de sa marque et convint les « people » de l’époque en leur glissant un échantillon dans la main…

 

« En 1965, Estée présente elle-même dans les grands magasins l'une des premières lignes de beauté pour homme, Aramis. »


 

Techniques et astuces pour booster les ventes

 

À chaque fois notre protagoniste excelle en tant qu’ambassadrice de sa marque.

Voici par exemple une de ses façons de procéder où elle prouve que les actes sont bien plus efficaces que les beaux discours ;)

Imaginez, nous sommes en 1946, dans une soirée de charité, réunissant sur la terrasse illuminée du Waldorf Astoria, tout le haut gratin New-Yorkais (banquiers, hommes d’affaires, stars de cinéma…).

Tous répondent présents pour financer des nobles causes.

Ce fameux soir, Estée Lauder préside ce gala pour parler de sa profession.

Toutefois, ce qui marquera les esprits ce ne sont pas ses paroles, mais une petite astuce marketing qui va faire toute la différence.

À côté de chaque assiette, elle place personnellement des tubes de rouge à lèvres qui captivent aussitôt les femmes de l’assistance.

La soirée achevée, il n’en reste plus un seul.

Le but de l’opération étant de promouvoir sa marque afin que les invités ravis d’une telle attention, offrent par la suite la marque Estée Lauder à leur tour.

Au début des années 1950, elle réalise que sa firme pourrait davantage prospérer en créant des parfums.

En 1953, ce virage est amorcé par le lancement de « Youth Dew », une huile de bain parfumée dont la notice précise qu’il faut vider tout le flacon.

Le succès est immédiat.

Elle continue d’innover avec la création d’une première ligne de beauté pour homme : Aramis, qu’elle présente personnellement dans les grands magasins, avec toujours la même dévotion.

Son sens de l’innovation continue avec un autre produit aux propriétés hypoallergéniques de sa ligne « Clinique » qui jouant sur la carte santé cartonne à nouveau.

Estée invente aussi le concept du « Lauder Look » dont le visage du top-modèle Karen Graham l’incarnera dix ans durant.

En 1973, à l’âge de 65 ans, elle lègue à son fils la pérennité d’une entreprise plus que prospère et mondialement réputée.

Estée Lauder n’est certes pas devenue une actrice de cinéma, mais a réalisé tout de même son rêve en devenant une dame de l’establishment.

Et jusqu’à sa mort en 2004, elle continuera à prendre soin des femmes avec sa fondation de lutte contre le cancer du sein.

 

Les leçon de son succès :

  • Un P-DG aimant la vente séduit à la fois ses clients et ses équipes
  • Tout faire soi-même est un excellent moyen de démarrer un business
  • On peut gagner les masses à sa cause en charmant les élites

 

Commentaires

  1. Bonjour Jean-Charles

    Je connais l’histoire de cette femme d’exception à qui on doit (si mes souvenirs sont bons) l’ »invention » des petits échantillons de produits qui sont aujourd’hui entrée dans les mœurs.

    C’était une femme de poigne et là encore de passion, elle croyait passionnément dans ce qu’elle faisait et quand on lui lançait un défi elle s’y lançait comme lorsqu’elle a lancé la marque CLINIQUE.

    PASSION + PERSÉVÉRANCE + CONFIANCE EN SON PRODUIT = SUCCÈS

    J te souhaite la même chose pour tous tes objectifs et continue à nous régaler de tes histoires Shéhérazade

    Amicalement

    • Jean-Charles Dimier

      Superbe équation du succès Sylviane :)
      Fantastique !

      Merci beaucoup pour ta sympathie.

  2. Moi, je ne connaissais pas l’histoire de cette femme, mais c’est maintenant chose faite grâce à toi.
    Encore ici la persévérance alliée à la passion pour un bon produit conduisent à la réussite!

    Alors persévérons et réussissons ! (il va s’en dire que la passion et le bon produit sont déjà là)

    • Jean-Charles Dimier

      Merci Patricia,

      J’ajouterai peut-être aussi la volonté de toujours vouloir évoluer, d’apprendre constamment et de ne pas rester sur ses acquis.

      C’est la qualité de nombreux leaders comme Estée Lauder, un Steve Jobs ou autre Richard Branson (pour citer un exemple vivant ;) )

  3. Bonsoir Jean-Charles,

    Je vois qu’il faille une femme solide pour honorer les hommes !

    Cela n’a pas beaucoup changé ….. en attendant de peupler la planète d’hommes éveillés tels que décrits par Jeff Brown.

    As-tu vu dans son article http://aimaenergy.com/homme-seveille-jeff-brown/, qu’ilconsacre un parapgraphe aux hommes d’affaire ? Quelques qualités à venir dont tu pourras bientôt parler.

    Une autre grande femme française m’a accompagné lorsque j’ai écrit et publié de façon traditionnelle mon premier livre, Danielle Hunebelle, Première femme grand reporter. C’était aux environs de 2003, à l’époque elle m’avait dit de créer un blog pour soutenir mon travail. A l’époque le format des blogs n’était pas terrible et je m’étais plus dirigée dans la santé. Et tu vois où j’en suis aujourd’hui, le destin te rattrappe toujours……

    Esté Lauder a tout de même réussi à jouer un rôle !

    A bientôt

    Emmanuelle

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Emmanuelle,

      Oui, d’autant plus qu’à l’époque le fait de s’imposer dans le monde des affaires, dominé principalement par les hommes n’a pas dû être toujours facile.

      Mais comme le montre son parcours, sa subtilité et sa persévérance ont certainement contribué à s’ériger dans ce milieu qui en effet était aux antipodes de ce qu’évoque Jeff Brown…

      En France, on pourrait aussi parler de ce qu’a réalisé Simone Veil pour l’émancipation des femmes, mais ceci est encore un autre débat…

    • C’est tellement juste et comme un hasard je viens d’écouter une vidéo de TED sur l’entrepreneuriat au féminin, c’est totalement hallucinant se que révèle cette journaliste.
      Pour ma part, j’ai travailler avec des créateurs d’entreprises et effectivement, j’ai pu apprécier les manques concernant les femmes créatrices voir même les femmes chef d’entreprise.
      Je vous propose le lien sur TED :
      http://www.ted.com/talks/gayle_tzemach_lemmon_women_entrepreneurs_example_not_exception.html?utm_source=newsletter_weekly_2012-01-31&utm_campaign=newsletter_weekly&utm_medium=email

      • Jean-Charles Dimier

        Merci pour le lien Corinne,

        Je dois travailler davantage mon anglais pour tout saisir, mais je crois que j’ai compris l’essentiel.
        Les temps changent même si l’inégalité entre homme et femme sont encore flagrante dans le monde du travail.

        Alors que les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes.
        Malgré de grandes compétences, elles sont candidates à des postes en dessous de leur niveau.

        D’un autre côté, certaines arrivent tout de même s’imposer en tant que chef d’entreprise ou à créer leur propre société.
        C’est un début…

  4. bonjour Jean-Charles et Corinne,

    Dommage que TED soit en anglais, mais l’idée y est. Je pense que les femmes auront un épanouissement réel au plan économique quand ce qui est décrit ci-dessous par Jeff Brown (extait de l’homme qui s’éveille) sera vécu au quotidien par ces Messieurs

    « L’homme qui s’éveille avance sur la place de marché de manière responsable, tout en gardant un oeil vigilant sur l’égo malveillant. Il ne saute pas sur une opportunité pour être opportuniste. Il ne pratique pas la concurrence dans le seul but de faire de la compétition. Il n’accumule pas pour le plaisir d’accumuler. En dessinant le tracé de sa vie, il garde toujours à l’esprit son impact sur l’humanité. Il a retrouvé tous ses pleins pouvoirs mais n’exploite pas le pouvoir. Il extrait son pouvoir de sa connexion à la source, et non pas de son autorité sur les autres. Lorsqu’il peut, il partage l’abondance, offrant ses services à l’humanité. Il travaille dur pour construire le pont entre ce monde tel qu’il est, et un monde divin d’infinité. »

    Le blog Succèsrama, reste un bon endroit pour l’épanouissemnt conjoint des femmes et des hommes.

    A bientôt

    Emmanuelle

    • Jean-Charles Dimier

      Merci pour ton intervention « Brownesque » Emmanuelle ;)

  5. En tout cas, merci encore pour ton soutien.

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