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Succesrama | June 29, 2017

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Forrest Mars ou la saga de la petite barre chocolatée

Forrest Mars ou la saga de la petite barre chocolatée
Jean-Charles

 

Nous sommes souvent victime de gourmandise lorsque nous dévorons diverses friandises comme des Mars ou autres M&M’s.

Des produits qui ont tendance à être associé à notre enfance où l’on regroupait nos centimes en sortant de l’école, pour aller acheter nos bombons chez l’épicier du coin.

Or un homme est à l’origine de nos confiseries préférées : Forrest Mars.

Il a réussi à créer des produits simples, bon marché en les vendant partout.

Son histoire est faite de multiples péripéties, de rebondissements, de trahisons digne d’un univers Shakespearien.

Et pour cause, la vie de cet entrepreneur fut sans concession.

Et si à titre préventif, nous devons consommer nos sucreries favorites avec sagesse, vous pouvez lire au contraire cet article sans modération ;)

 

Le début de la saga Mars

 

Au départ, Franck Mars (son père) trouva sa vocation en observant sa mère à confectionner des tartes, des cookies et autres pâtisseries lorsqu’il était enfant.

Plus tard, il devint à son tour Maître Confiseur et à dix-neuf ans à peine. Il créa sa fabrique à Minneapolis.

L’ennui avec Franck, c’est qu’il était plus pâtissier qu’homme d’affaires et de ce fait, il alterne réussites et faillites.

Saut que son épouse Ethel se lasse très vite d’une vie en dent de scie et quitte son « loser » de mari avec leur tout jeune fils Forrest, pour retourner dans sa famille au Canada.

Le petit Forrest Mars, né en 1904 se révèle très doué pour les mathématiques.

Il suit ensuite un cursus universitaire en Californie à Berkeley pour devenir ingénieur.

Il effectue différents petits boulots pour financer ses études et payer le loyer de sa chambre.

Il aide même le cuisinier de la cantine à gérer ses achats et ainsi réaliser des économies.

Contrairement à son père dont il a oublié plus ou moins l’existence, il se découvre par la même occasion un sens des affaires inné qui l’emporte sur sa motivation à continuer l’université.

En fin d’année scolaire, il trouve un job de représentant pour les cigarettes Camel et sillonne le secteur de Chicago.

Il n’a plus jamais revu son père depuis.

Et le portrait que lui a brossé sa mère ne lui donne pas vraiment envie de renouer un quelconque contact.

 

Cette barre chocolatée fut le premier succès de Frank Mars après divers échecs.

 

Une surprise de taille

 

Pourtant, c’est complètement par hasard que les deux hommes se rencontrent à Chicago.

Cette surprise de taille va changer sa vie.

Impressionné par la réussite de son paternel qui maintenant gagne parfaitement bien sa vie, Forrest lui reproche toutefois son manque d’ambition.

Il lui propose une association en créant un produit qui puisse se vendre partout sur le territoire américain à l’instar de la marque de cigarette Camel.

En 1923, apparait dès lors le Milky Way.

Une barre avec un mélange de caramel et de noisettes, enrobée d’un manteau de chocolat au lait.

Ils enfoncent le clou ensuite avec une autre friandise, le fameux et célèbre Mars.

Sa composition peu onéreuse à base de blancs d’oeuf et de sirop de maïs permet de faire encore plus de bénéfices durant sa fabrication.

Reconnaissant pour l’aide bénéfique que lui a apporté son fils, il l’inscrit à la prestigieuse école des mines de Yale afin de terminer ses études.
Il espère aussi réparer ses erreurs avec ce fils qu’il a finalement peu connu.

Toutefois, Forrest est à nouveau peu assidu à ses cours et rêve de faire fortune dans les affaires.

Influencé par son voisin de chambre, un neveu issu d’une grande famille de riches industriels, lui bourre le crâne avec des récits de réussite pour devenir milliardaire.

Et lorsqu’il revient voir son père, l’entreprise a bien évolué depuis.

Une société au nom de Mars Inc. existe désormais.

Sa chaîne de production modernisée, il sort 20 millions de barres chocolatées par an.

En quatre ans, Franck semble avoir tiré les leçons de ses infortunes passées.

Il est devenu un riche entrepreneur avec villa, chevaux, voitures de luxes…

Seulement Forrest, le presse d’aller encore plus loin au lieu de se reposer sur ses lauriers.

D’un tempérament autoritaire, poussé par une ambition démesurée, il ne cesse d’interférer dans les affaires de son géniteur qui commence sérieusement à être agacé.

 

Mars ? De l'or en barre ! ;)


 

La cassure

 

En 1923, Frank Mars lui fait comprendre qu’il doit partir et Forrest s’en va pour l’Europe avec les droits de la marque Milky Way pour l’étranger et un petit pécule de 50 000 dollars pour rebondir.

Il ne reverra plus son père qui décédera en 1934.

La rancune tenace il ne reviendra pas pour assister à son enterrement.

Il ne cesse de voyager entre l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suisse pour finalement se fixer en Grande Bretagne.

Nouveau pays, nouveau marché, nouvelle concurrence et nouveau Chalenge !

C’est une période difficile pour lui tant il est en rupture par rapport à son ancien mode de vie. Il oscille souvent entre réussite et échecs quand il ne frôle pas la faillite.

Il réussit toutefois durant cette période un coup d’éclat avec le rachat insolite de Chappel Brothers, un fabricant d’aliments pour animaux, qu’il rebaptise « Pedigree » .

Cela dit, ses prises de risques sont très formateur et grâce à sa persévérance, il arrive à hisser Mars Ltd au troisième rang des friandises anglaises.

Avec le début de la deuxième guerre mondiale, Forrest Mars décide de revenir aux États-Unis en évitant surtout de croiser sa belle-mère qui gère la société Mars Inc. de feu son père.

 

Un tempérament odieux et acariâtre

 

Il revient ainsi au pays avec l’idée d’un nouveau produits, des pastilles de chocolats multicolores.

Il a découvert ce concept lors d’un voyage en Espagne.

Il contacte le groupe Hershey, son principal concurrent d’alors, dont le patron William Murrie connaissait son père.

Ils constituent ensemble une filiale pour lancer les fameux M&M’s (Mars & Murrie) dont le célèbre slogan : « fond dans la bouche, pas dans la main ».

Il co-dirige la société avec le fils de Bruce Murrie.

Ce dernier est loin de se douter de l’enfer qu’il va endurer.

Forrest se révèle une fois de plus insupportable au quotidien. Tyrannique, perfectionniste, il ne tolère aucun écart, même insignifiant.

Mais surtout, il s’octroie les pleins pouvoirs à la grande stupeur de son associé qui est traité comme un vulgaire employé.

Bruce Murrie, écœuré par les sauts d’humeur odieux et imprévisibles de Forrest, craque et décide de partir en lui laissant ses parts.

La machine infernale nommée Forrest Mars continue sa diversité dans les années 50 et internationalise son entreprise.

Parmi les marques déjà lancées, Pedigree, M&M’s, Uncle Ben’s s’ajoute des plats asiatiques (Suzi Wan), de l’épicerie fine (Masterfoods), des pâtes (Dolmio) et des glaces (dove).

Il développe aussi une stratégie commerciale et marketing axée sur des présentoirs en libre-service, des distributeurs automatiques avec un mécanisme de reconnaissance de pièces …

 

"Fond dans la bouche, pas dans la main" :)


 

Sa revanche

 

En 1954, fort de sa réussite dans les affaires, il rachète Mars Inc. à sa belle famille.

Il a enfin obtenu sa revanche sur son défunt père qui l’avait limogé une vingtaine d’années auparavant.

En ayant toutefois, bien pris soin de lancer une campagne de dénigrement, en amont sur la gestion de l’entreprise.

Il fusionne ensuite ses deux sociétés et la soixantaine pointant le bout de son nez, il laisse la place à ses deux fils.

Rudoyés durant leur enfance par la tyrannie et les vexations récurrentes du patriarche, Forrest Jr. et John seront soulagés que leur paternel se retire définitivement en 1973.

Il surveille néanmoins de loin, l’évolution de son empire.

Il meurt en 1999.

Aujourd’hui, Mars représente 50 marques dans 180 pays.

Les plus connues : Mars, M&M’s, Snickers, Dove, Pedigree et Whiskas ont un chiffre d’affaires dépassant un milliard de dollars.

Quant à Forrest Mars, si son audace et son sens des affaires lui ont permis de réaliser son rêve de milliardaire. On ne peut pas en dire autant sur sa conception des relations humaines.

Il était constamment en conflit avec les autres.

Après tout, Mars évoque aussi le dieu de la guerre.

Ce qui est drôle au final, est que cet homme soit à l’origine d’un monde de douceur, alors qu’il se comportait avec ses semblables comme un véritable tyran.

Comme quoi, il n’y a pas de contradiction.

 

Les leçons de son succès :

  • Trouver une idée originale et l’exploiter jusqu’au bout
  • Élaborer un slogan puissant : « fond dans la bouche, pas dans la main » peut imposer un produit dans le monde entier

 

Commentaires

  1. Il aurait du manger plus de chocolat!! Ça l’aurait apaisé!
    Merci pour ces histoires toujours sympathiques à suivre !
    Karine
    Karine Articles récents..[Chronique-vidéo] Comment vous soigner naturellement en automne et en hiver ?My Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Karine,

      Du chocolat et des carottes. Il paraît que c’est bon pour le teint et que surtout ça rend aimable ;)

  2. Bonjour Jean-Charles,

    Encore une belle histoire même si le personnage principal n’est vraiment pas sympathique.

    Effectivement le choix (inconscient) de Mars dieu de la guerre n’était pas anodin et on voit qu’avant tout cet homme au demeurant capable et intelligent a pourri la vie des autres mais s’est probablement pourri aussi la sienne.

    Quelle dichotomie entre son caractère exécrable et le monde de douceurs qu’il a crée.

    Steve Jobs qui vient de mourir était aussi réputé pour avoir un caractère épouvantable. Les deux ont eu des revanches à prendre semble-t-il avec leur enfance.

    Merci pour encore pour ton talent de conteur. Penses-tu faire un e-book de tous tes articles ?
    Sylviane Articles récents..le stress rend maladeMy Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Sylviane,

      Oui, un sacré despote que ce Forrest Mars. Imagine un peu le taux de stress pour ceux qui ont collaboré avec lui.
      Cela devait être terrible.
      Quant à Steve Jobs, ce n’était pas le même genre de personnage. Si toutefois le sujet t’intéresse, je raconte son histoire ici
      Tu verras, sa vie est aussi pleine de rebondissements.

      Faire un e-book avec tous les portraits du succès ? je ne sais pas.
      Ce serait amusant de faire un sondage pour savoir si cela pourrait intéresser du monde.
      Pourquoi pas ?
      En tout cas merci encore pour ta fidélité et la générosité de tes compliments :)

  3. Il a réussi à créer des produits simples, bon marché en les vendant partout.

    Son histoire est faite de multiples péripéties, de rebondissements, de trahisons digne d’un univers Shakespearien.

    Et pour cause, la vie de cet entrepreneur fut sans concession.

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