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Succesrama | May 1, 2017

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11 Comments

François Pinault ou une success-story à la française (1ere partie)

François Pinault ou une success-story à la française (1ere partie)
Jean-Charles

 

Chers lecteurs, chères lectrices, je vous propose ce coup-ci un article en deux parties sur la vie de François Pinault.

Un seul bloc me paraissait beaucoup trop long et puis cela me permet aussi d’entretenir un certain suspens, à la fin de ce premier épisode ;)

 

Merci encore pour votre fidélité et bonne lecture:)

 

 

Première Partie : Une enfance bretonne aux origines modestes

 

François Pinault adolescant


 

Qui est François Pinault ?

C’est une légende vivante à lui tout seul.

Septième plus grande fortune de France, il possède entre autre la Fnac, la Redoute, le Printemps, Conforama …

Il appartient au club des cent premiers plus grands fortunés de ce monde.

Grand amateur d’Art moderne, sa collection pourrait faire pâlir de jalousie bien des Biennales d’art contemporain.

Un milliardaire de plus ?

Et alors ?

Ce n’est pas tant sa réussite qui est intéressante, mais son parcours qui est fascinant.

Voici un homme, issu de la campagne bretonne qui est parti de zéro.

Peu d’études à son actif, il quitta l’école à seize ans.

Pas d’argent, aucune relation, encore moins un quelconque réseau d’influence …

Il n’a que son permis de conduire comme unique « baguage », et compte bien transformer son existence en destin.

 

Un petit cul-terreux égaré chez les bourgeois

 

Une histoire peu commune, alors qu’absolument rien ne prédestinait ce jeune Breton qui parlait encore patois, à devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Né en 1936 dans les Côtes-d’Armor, François Pinault vécu en partie son enfance à Trévérien.

Issu d’un milieu modeste, son père était marchand de bois.

D’origine campagnarde, il passait pour un homme entreprenant.
Intimidant, il aimait aussi exercer son autorité.

Sa mère, plus effacée, dans la pure tradition paysanne, affichait une douceur généreuse.

Elle atténuait souvent les petits conflits, prémisse plus tard d’une rupture brutale, entre François et son père.

La ferme familiale était une des plus grandes de la région et si la famille Pinault était loin d’être de riches propriétaires terriens, ils ne manquaient de rien.

Au contraire, ils possédaient la seule ferme de la commune à avoir l’eau courante grâce à l’installation d’une pompe électrique.

La famille Pinault était résolument perçu comme des gens modernes et parmi les plus privilégié de Trévérien.

Ils furent les premiers à posséder le téléphone et ensuite l’automobile à partir de 1937.

Il faut dire que son père avait la bosse du commerce et avait su intégrer la modernité dans son environnement rural.

Durant ses jeunes années, deux évènements majeurs seront déterminants pour François.

Le premier fut son départ à onze ans en pension au collège de St Martin de Rennes en 1947.

Le jeune garçon se voit traité comme le petit cul-terreux égaré chez les bourgeois.

Des élèves issus de milieux extrêmement aisés qui se sentaient en situation supérieure se comportaient avec arrogance, considérant les autres qui n’étaient pas de leur milieu social comme une « race inférieure ».

Il subit de nombreuses humiliations, mais ne baisse pas la tête pour autant. Il se bagarre souvent pour se faire respecter.

Sa mère venait le voir un jeudi par mois selon les règles strictes du pensionnat.

Elle n’avait pas l’aplomb de son père et avec sa dégaine paysanne et son accent gallo, on se payait souvent sa tête à son insu.

François encaisse en silence, sans broncher.
Mais avec une boule au ventre à chaque visite et aussi un sentiment de rage et de revanche.

Il n’oubliera pas, jamais.

On dit que l’enfance est le terreaux qui détermine ensuite le comportement d’une vie d’adulte.

Il est formé par cette école.

Celle de la méfiance, de la retenue, de la dureté.

Malgré un fond de timidité, il sait jouer de son charme, mais sans laisser transparaître la moindre émotion.

Il est toujours en retrait, écoute, observe et ne baisse jamais la garde.

 

La commune de Trévérien où François Pinault vécut une partie se son enfance.

 

La grande rupture

 

Aussi lorsque son père le rappel pour l’aider à la ferme, François ne se fait pas prier.

Il quitte le collège St Martin sans aucun regret.

Il a échoué à son BEPC, les mathématiques lui furent fatals, malgré une excellente note en composition française.

Ironie du sort pour un futur entrepreneur qui fera ensuite de la haute voltige avec les finances.

À 16 ans, il rejoint donc la scierie de son père.

Nous sommes en 1952.

Mais la relation entre père et fils se dégrade.

François propose de moderniser la scierie, agrandir le réseau des négociants en bois et améliorer le confort de la ferme.

Or Pinault-Père bloque toutes les initiatives audacieuses de son fils en pestant :

« Il va nous mettre sur la paille ».

Le deuxième « clash » viendra  lors d’une nouvelle dispute de trop où François décidera sur un coup de tête de quitter l’entreprise familiale.

Trop fier pour revenir sur sa décision, il décide de devancer l’appel et s’engage pour la campagne d’Algérie.

Sans vraiment en connaître les enjeux « économico-géographico-politique », il n’y voit simplement qu’une échappé au joug paternel, avec comme seul diplôme en poche, son permis de conduire.

François Pinault se jette pour ainsi dire dans la tourmente de la guerre en ignorant tout des évènements franco-algérien, des démêlés du gouvernement Guy Mollet, des débats sur la décolonisation.

Son inconscience ou son insouciance aurait pu lui être fatale. Personne ne sort indemne d’une guerre quel qu’en soit les enjeux.

Il comprend vite, mais hélas trop tard que ce conflit était sans issue.

Pourtant, fin 1958, le Maréchal-des-Logis François Pinault, survit à ces 30 mois de mobilisations en obtenant la Croix de la Valeur Militaire lors d’un accrochage dont il s’était bien tiré.

Un compagnon d’arme dira de lui d’ailleurs qu’il y avait chez lui un décalage étonnant entre sa timidité apparente et son côté débrouillard, culotté.

Une dizaine de mois après l’aventure algérienne, le décès de son père marquera un nouveau tournant de son existence.

Malgré cette terrible nouvelle, elle aura aussi un effet libérateur chez le jeune homme.

Tout ce qu’il osera dorénavant entreprendre n’aura plus par la suite, à craindre du regard ou encore d’un quelconque jugement paternel.

Le début de son ascension pouvait commencer.

Cela-dit, l’écart reste encore grand entre un jeune breton de 23 ans sans diplôme, toujours meurtri par les évènements de l’époque et l’ombre d’un milliardaire en devenir.

Lui-même était certainement loin de se douter des différentes épreuves qu’il aurait à affronter ni de sa destination future.

Les voies du destin sont-elles impénétrables ?

 

Réponse dans la seconde et dernière partie : Les secrets d’une extraordinaire ascension

Commentaires

  1. Cher Jean-Charles

    Encore une belle histoire que j’ai encore une fois adorée.

    Ce qui chez beaucoup aurait été suffisant pour abdiquer et devenir frustré (origines modestes, quolibets des « nantis », incompatibilité avec le père) chez Pinault cela lui a servi de moteur et défi.

    C’est pourquoi je m’insurge toujours quand j’entends, ou lis,  » je ne suis pas riche alors je n’ai pas pu réussir dans la vie comme je voulais » ou quelque chose d’approchant.

    Des centaines d’histoires de personnages célèbres qui sont allées jusqu’au bout de leurs rêves parce que
    1) ce n’était pas des fainéants;
    2) ils se sont pris un tas de claques qui les ont stimulés au lieu de les abattre ;
    3) ils avaient une volonté sans failles ;
    4) ils s’étaient fixé un objectif et y croyaient
    5) ils n’ont jamais fait de la victimite (pauvre de moi comme je n’ai pas de chance) mais au contraire n’étant pas nés coiffés comme disait autrefois, ils ont pris leurs vies en main en voulant dépasser leur handicap de départ.

    Il est toujours facile de gémir sur les aléas de la vie mais pourrait-on dire regardez Pinault d’où il est parti et où il est arrivé et cette réussite n’est pas venu par miracle il y a travaillé . Alors les « saules pleureurs » (c’est ainsi que j’appelle ceux qui font de la victimite) , redressez-vous

    Donc, j’attends avec impatience la suite comme d’habitude et encore merci de nous raconter de belles histoires
    Sylviane Articles récents..Homosexualité et stressMy Profile

    • Il faut tout de même reconnaître qu’il était beaucoup plus facile de faire des affaires avant. Aujourd’hui juste avoir un compte en banque pour une société est un chemin de croix. Un crédit ? N’y pensez pas !

      • Jean-Charles Dimier

        Ah ! On sent du vécu derrière tout ça.
        Pourrait-on en savoir un peu plus ?
        À moins que cela ne soit trop personnel.

    • Jean-Charles Dimier

      Merci encore pour ta fidélité Sylviane :)

      Bon, on peut aimer ou ne pas aimer le personnage.
      Après, c’est selon l’opinion de chacun.
      Maintenant, il faut reconnaître comme tu l’énumères si bien que sa réussite est le résultat d’une audace et d’une persévérance à toute épreuve.

      Je crois que les brimades vécues durant son adolescence furent en effet très formateur.
      Mais sans forcément parler de revanche, il avait cette ambition qui était déjà en lui depuis le départ.

      Je trouve amusant l’expression du « saules pleureurs ».
      Lorsque l’on est confronté à l’échec, il est tellement plus facile de blâmer les autres…

      C’est la raison pour laquelle, la biographie d’illustres personnages est toujours intéressante.
      Car elle permet de se rendre compte à quel point une réussite ou un échec, quel qu’il soit est surtout un enseignement extraordinaire à percevoir.

  2. eh ben oui…j’attends le moment où tout va aller très vite pour lui !!

    Karine
    Karine Articles récents..Et si vous décidiez d’avoir le moral ?My Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Encore un peu de patience Karine ;)
      La suite est assez extraordinaire. Le bonhomme s’en ait toutefois donné les moyens…

  3. Merci Jean-Charles, d’avoir mis les Bretons à la Une.

    Je suis bien d’accord avec Sylviane et l’interview « L’homme qui écrit sur les murs » (Jeff Brown), téléchargeable sur mon blog, en est un aussi un exemple.

    Nous attendons donc la suite.

    Emmanuelle
    Emmanuelle Articles récents..La créativité : l’art du coeurMy Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Et quel Breton ! ;)

  4. Bonjour, voila une histoire qui commence pas forcément bien et qui montre que malgré les difficulté que l’on peut rencontrer il faut croire en soit et aller au bout de ses idées et de ses envies.
    J’aime ce genre de personnage qui part de rien pour arriver au sommet.
    J’attends le suite.
    Arnaud, Maison Attention Danger Articles récents..L’accident domestique chez les personnes âgées.My Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Arnaud,

      Alors, je cours le risque d’affirmer que la suite ne devrait pas vous décevoir ;)

  5. Merci pour cet article très précis

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