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Succesrama | September 20, 2017

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12 Comments

George Lucas, l’homme derrière Star Wars (1ere partie)

George Lucas, l’homme derrière Star Wars (1ere partie)
Jean-Charles

 

1- La chance du débutant


 

C’est l’histoire d’un homme qui paralysé par sa timidité manquait terriblement d’assurance.

Pourtant, un destin hors du commun fera de lui le créateur d’une des sagas cinématographiques la plus célèbre et la plus rentable de toute l’histoire du cinéma.

Artiste visionnaire pour les uns, opportuniste avec un marketing commercial agressif pour les autres, George Lucas traine une réputation de cinéaste froid et expérimental.

Alors, comment cet homme timoré, a-t-il pu être à l’origine d’un tel succès devenu depuis si légendaire ?

Comment a-t-il pu concevoir l’univers spirituel de Star Wars (La guerre des étoiles) et être en phase avec le public international ?

Quelles sont les convictions qui lui ont fait développer les plus beaux outils du cinéma contemporain ?

Le parcours de ce personnage a priori ordinaire se révélera une véritable épopée extraordinaire, avec son lot de défis, d’échecs, de succès et de tragédies aussi.

Vous voulez entrer dans les coulisses de Star Wars et connaître la véritable personnalité de l’homme derrière le mythe ?

Calez-vous bien dans votre siège, le temps de passer en mode hyper-espace ;)

C’est parti pour voyager dans les coulisses d’une galaxie lointaine, très lointaine…

 

 

Sous le signe d’une adolescence difficile

 

George Walton Lucas Junior naît le 14 mai 1944 à Modesto en Californie où il passe toute son enfance dans le ranch familiale de ses parents.

Il est le seul garçon parmi trois sœurs.

Son père George Walton Lucas Senior est à la tête d’une grande papeterie.

Il espère que son fils reprendra l’affaire familiale.

Or George Lucas Junior a pour l’instant une tout autre préoccupation que les futures perspectives d’avenir de son géniteur.

Étant un enfant chétif avec les oreilles décollées, il est complexé par son physique et sa petite taille, en comparaison de ses deux sœurs ainés qui sont déjà très grandes pour leur âge.

Il est souvent victime de diverses brimades comme le vol de ses chaussures en cours de sport, par quelques jeunes brutes épaisses qui profitant de l’aspect gringalet de leur victime, les lui agitent à la face.

Il est clair que sa quête de popularité ne se fera ni par le sport, ni par des défis physiques.

D’autant que suprême humiliation, sa petite sœur Wendy vient parfois à son secours pour corriger ces gamins un peu trop turbulents qui s’en prennent à son « grand » frère !

George ne brille guère plus par ses résultats scolaires qui deviennent de plus en plus exécrables.

Il déteste les études et cela deviendra l’objet de nombreux conflits avec son père.

L’adolescent est surtout un fanatique de courses automobiles et rêve avant tout de gloire en aspirant à devenir un grand champion.

Participant à de nombreuses compétitions locales avec succès, il tombe sous l’influence d’un certain coureur Alan Grant.

Il vénère ce nouvel héros, âgé de 21 ans qui est passé du cross amateur aux courses professionnelles.

Cet engouement pour cette carrière quelque peu hasardeuse poussera la sonnette d’alarme de son père qui l’accompagnant devant le juge, s’aperçoit des impairs de son fils face aux myriades de contraventions impayées pour excès de vitesse.

D’autant qu’avec des notes scolaires des plus désastreuses, George risque de ne pas sortir diplômé du lycée.

Mais un nouveau drame se dessine à l’horizon, il est victime d’un terrible accident de la route.

Un autre adolescent perdant le contrôle de sa grosse Chevrolet Impala dans un virage, percute violemment le véhicule du frêle Lucas.

Sa ceinture de sécurité cédant sous l’effroyable impact, il est projeté hors de sa voiture et s’en sort miraculeusement avec cependant quelques jours dans le coma.

Conscient d’avoir échappé à une mort certaine si sa ceinture de sécurité n’avait pas lâché, le jeune garçon remercie la providence de l’avoir épargnée et compte bien saisir cette seconde chance en devenant dorénavant plus raisonnable.

Après un marathon de dernières minutes, ponctué de révisions acharnées, George obtient finalement son diplôme pour déboucher sur une porte ouverte vers des études qu’il n’avait jamais jusque là, sérieusement envisagées.

 

Un des lieux de prédilection des personnages de son deuxième film : « American Graffiti », récit hautement autobiographique de l’adolescence de Lucas.

 

L’école de cinéma

 

Alité durant quatre mois au lendemain de son accident, George se transforma en lecteur boulimique. Il dévora toute sorte de livres, dont « 1984 » de George Orwell en passant par « Le meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley.

L’adolescent rebelle et mauvais élève se passionnait subitement pour la sociologie et l’anthropologie.

Cette immersion dans cette sorte « d’intellect libéral » creusera d’ailleurs de plus en plus le fossé qui le séparait déjà de son père.

Constamment en désaccord, les rapports père-fils seront de plus en plus tendus.

Et lorsque George choisit de partir étudier l’Art, une violente discute éclata entre eux.

Peu rassuré de lâcher son fils dans « Sin City » (Los Angeles), il lui prédit qu’il reviendra fauché, la « queue entre les jambes » !

Sur un coup de colère, George pourtant si calme habituellement, lui hurla que bien au contraire, il réussira et deviendra même millionnaire avant l’âge de ses trente ans.

George Walton Lucas Senior savait surtout maintenant que son fils ne reprendrait jamais la succession de l’entreprise familiale.

Mais beau joueur, il lui accorda 200 dollars par mois pour ses faux frais malgré ses réticences vis-à-vis de la direction que la vie de son fils prenait.

Pour l’heure, Lucas Junior avait fait l’acquisition d’une caméra 8mm.

Il ne courait plus dans les courses automobiles, il les filmait.

Peu cinéphile auparavant, Lucas commença à s’intéresser au cinéma au contact d’Haskell Wexley, rencontré grâce à son ami coureur Alan Grant.

Wexley était chef opérateur hollywoodien, également féru de courses automobiles.

Il sympathisa avec cet étrange et maigrichon jeune homme, impressionné par sa flamme cinéphile naissante.

Il lui fit même une lettre de recommandation pour le département cinéma de l’USC réputé pour être la meilleure école, alors que curieusement très peu s’y précipitait.

Le jeune Lucas intégra donc ce nouvel univers, entouré de toutes sortes d’étudiants idéalistes dont personne ne prenait réellement au sérieux.

Il côtoyait aussi le plus grand campus de la région l’UCLA, qui avait aussi son département cinéma.

À titre anecdotique, il comptait dans ses rangs un certain Jim Morrison, futur chanteur des Doors qui ne fera jamais de films.

Ainsi que la tentative d’un certain Steven Spielberg qui moins chanceux, verra sa candidature rejetée.

Lucas apprendra et développera des compétences techniques à tous les stades de la fabrication d’un film.

Bien que, de l’avis général des professeurs et des élèves confondus, George ne faisait pas grande impression.

Il cherchait plus à se fondre plutôt qu’à se faire remarquer.

Quoi qu’il en soit, nous sommes en 1969, en pleine guerre du Vietnam dans laquelle l’Amérique s’est enlisée.

Fraichement diplômé, il est confronté à son exemption militaire qu’il n’avait pas du tout prévue.

Recherchant immédiatement du travail, il parvient à trouver un job en tant qu’assistant machiniste de Verna Fields, une monteuse professionnelle.

Une des rares femmes à avoir réussi dans ce métier d’homme.

Mais cela ne suffit pas pour vivre et malgré une deuxième activité en tant que professeur assistant à l’USC, pour le Navy Production Workchop, un programme d’enseignement cinématographique pour une classe d’élèves de la Marine.

Il ravale sa fierté pour demander une aide financière à Lucas Senior.

Ce dernier acceptera finalement d’aider son fils sans arrière-pensée…

L’ancien étudiant s’attelle ainsi sur une série de montage commandée par une médiathèque, épaulé par une autre assistante Marcia Griffin, engagée pour la circonstance.

Son comportement calme et méticuleux, ses travaux effectués avec application attirera d’ailleurs la curiosité de la jeune femme.

George qui au début se cantonne à une relation strictement professionnelle, ne reste pas longtemps insensible aux charmes de sa splendide collaboratrice qui manipule l’art du montage avec brio.

Elle deviendra plus tard chef-monteuse attitrée de Martin Scorsese et Brian De Palma, entre autre.

Marcia épouse Lucas sous le regard attendri de sa mère qui trouve le couple bien assorti.

Contrairement à son père qui s’interroge sur leur moyen de subsistance, guère convaincu par cette existence de « saltimbanque ».

 

George Lucas, sur le tournage de son premier film THX 1138 4EB.

 

Sous l’influence de Francis Ford Coppola

 

A l’issue d’une bourse octroyée par la Warner Bros, Lucas pénètre dans les coulisses des mythiques studios.

Mais son enthousiasme sera de courte durée, la compagnie est en déroute, les démissions fréquentes et la communication inexistante.

Il rencontre toutefois dans cette ambiance chaotique, un jeune réalisateur, Francis Ford Coppola qui travaille à la réalisation d’un film pour le studio.

Coppola possédait l’assurance que George n’avait pas.

Il était considéré comme un véritable gourou et s’imposait d’emblée comme le chef de toute une communauté qui voulait refaire le monde.

Le frêle Lucas n’échappait pas à cette attraction.

Il se laissa pousser la barbe pour se vieillir davantage afin d’exposer plus de virilité sous les conseils avisés du « maître ».

Coppola aura une certaine incidence sur les débuts de George qui avait du mal à s’imposer au sein d’un système hollywoodien extrêmement capricieux et versatile.

Or le futur réalisateur du Parrain sut retourner les « règles du jeu » à son avantage.

Avec beaucoup d’aplomb et de culot, Francis lança sa propre maison de production American Zoetrope qui devait proposer au Studio un certain nombre de projet.

Profitant de la confusion dans laquelle régnait la Warner à cette époque, Coppola avec un John Calley fraichement débarqué à la tête du studio, tenta un de ses fameux coups de poker.

Il lui assura que son prédécesseur s’était engagé à verser 300 000 dollars pour développer les locaux de sa société de production et surtout débuter le financement du premier film de la compagnie.

Ce genre de contrat n’avait évidemment jamais existé, mais John Calley n’avait forcément aucun moyen de le vérifier.

La somme n’étant pas non plus extravagante, il accepta les exigences de ce jeune réalisateur audacieux sous la condition suivante : Zoetrope devait fournir au moins un film dans l’année, sous peine de rembourser l’intégralité des sommes investies.

Ce fut THX 1138 4EB, le premier long métrage écrit et réalisé par George qui fut choisi, parmi d’autre projet en gestation comme « Conversation secrète » (écrit par Francis Coppola) et Apocalypse Now (écrit par John Milius)…

Ce film de science fiction expérimental et assez controversé sera un échec commercial, mais il trouvera un certain écho lors du Festival de Cannes en 1971.

 

Coppola sera une sorte de mentor pour le timide Lucas de l’époque.

 

Le succès d’American Graffiti

 

Après l’échec de son premier film, George était conscient du caractère indigeste de son écriture.

Malgré les encouragements de son mentor Coppola, il ne se sentait absolument pas scénariste.

Or pour son prochain film dont il avait le titre en tête : American Graffiti, une comédie dramatique hautement autobiographique dans laquelle il dépeint la jeunesse américaine du début des années 60, il fit appel à un couple de scénariste chevronnée Willard Huyck et Gloria Katz.

Ses finances étant au plus bas, il essaya de trouver un directeur de production pour son film.

D’autant que depuis deux ans, George se sentait à la traine.

Coppola explosait le box office avec le premier Parrain.

Sa femme Marcia se retrouvait nominée aux oscars pour son travail de monteuse.

Et Spielberg, le recalé de l’UCLA, bluffait tout le monde, malgré des moyens dérisoires, avec la rapidité et la virtuosité technique avec lesquelles il avait tourné Duel.

Un projet initialement prévu pour la télévision, mais qui devant l’engouement général qu’il suscitait, sorti sur grand écran.

George obtint finalement une entrevu avec Universal qui accepta de financer American Graffiti.

Mais une fois le film réalisé, une bataille d’égo et de pouvoir entre l’équipe et Universal fut redoutable, menaçant même de ne pas sortir le film.

Découragée, la personnalité effacée du réalisateur n’arrangeait en rien la situation.

C’est grâce en partie au dévouement d’un certain Gary Kurtz, habile négociateur qui fut lui aussi former à l’USC et présenté à Lucas par Coppola que les choses se décoincèrent.

Il sera par la suite, un atout prépondérant, sans lequel Lucas n’aurait jamais pu réussir Star Wars.

Une vérité honteusement occultée dans l’histoire alors qu’il est la clé du succès de Lucas.

Toujours et-il que devant l’immoralité des responsables du studio, George se jura de trouver un jour son indépendance pour être enfin seul maître à bord.

Malgré ces diverses péripéties, une nouvelle génération de spectateurs, blasée par des productions surannées fit un triomphe en 1973, à la sortie d’American Graffiti.

Film dans lequel le jeune public se reconnaissait enfin.

A tel point que ce succès inattendu rendra George millionnaire.

La prophétie annoncée à son père sur un coup de tête, quelques années auparavant venait contre toute attente de se réaliser.

Mais déjà Lucas planchait sur un autre long métrage, une espèce de « Space Opéra », à « la Flash Gordon » dont le genre avait déjà marqué profondément son enfance.

Sans se douter que toutes les épreuves, tous les tourments qu’il venait d’affronter jusqu’à maintenant, n’étaient rien à côté de ceux qui l’attendaient dans ce nouveau projet…

 

Suite dans la deuxième partie : L’épreuve du conquérant

 

Commentaires

  1. Tu nous tiens en haleine, j’ai hâte de lire la suite…
    Bravo Jean Charles pour cette belle chronique.

  2. Bonjour,

    J’adore ces histoires positives ! Elles montrent bien que malgré des débuts très difficiles il est toujours possible de renverser la tendance.

    Je ne partage pas toujours la philosophie américaine mais il est vrai que pour ce qui est de la force de caractère, rendre possible l’impossible nous avons beaucoup à apprendre des américains.

    L’histoire regorge de personnalités hors du commun qui nous prouvent que rien n’est jamais perdu si l’on s’en donne les moyens. Je suis content de découvrir ton blog et te souhaite le succès !

    Cédric

    • Jean-Charles Dimier

      Merci beaucoup Cédric pour la sympathie de ton commentaire.

      Bien sûr, il y a énormément à apprendre de toutes ces personnes qui ont effectivement suivi un parcours, jalonné par différentes épreuves.

      L’intensité d’un succès est-il à la hauteur des difficultés éprouvées ?
      Dans le cas d’un George Lucas, je crois que l’on peut répondre par l’affirmatif.

  3. Très belle biographie. Je ne connaissais absolument pas la personnalité de Georges Lucas.
    On attends la suite avec impatience !

  4. Merci pour cette biographie, agréable à lire.

    Vivement la suite !

  5. Jean-Charles Dimier

    @ Patricia, Argancel et Rémi,

    Merci pour l’enthousiasme de vos commentaires :)

    Je suis en train de rédiger la suite.
    Sauf que j’ai mal calculé mon coup.
    Je m’aperçois que je devrais faire une troisième partie.
    L’univers de Star Wars est tellement riche, en espérant de ne pas lasser…

  6. Bonjour Jean-Charles,

    Tu vas rire, mais cela fait à peine deux ans que je connais le contenu du film star wars, n’étant pas intéressé par ces histoires de guéguerre et encore moins par la science fiction. Néanmaois, pour le coup j’ai vu l’intérgale une douzaine d’heures à peu près. Bien sûr que j’ai bien compris le message de ce film qui est intelligent de par les idées qu’il véhicule. Et j’ai ainsi pu sans problème utiliser un des personnages dans ma vidéo de bande annonce http://youtu.be/koOOI_rDuQw qui colle avec mon blog formationquantique. C’est véritablement un mythe ce film et c’est vraiment intéressant d’en voir les coulisses comme tu es en train de les décrire.

    Je suis comme tout le monde j’attends la suite.

    A bientôt

    Emmanuelle

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Emmanuelle,

      Hé bien, il n’est jamais trop tard :)

      C’est marrant ce que tu dis parce que le père d’un ami dont la S.F n’était pas du tout son truc, a complètement embarqué dedans lorsqu’il a visionné les DVD.

      Cela prouve en effet, le côté universel du mythe qui touche l’inconscient collectif.
      C’est ce qui explique en grande partie, je pense le succès de Star Wars.

      Sinon sympa le clin d’œil à Yoda dans la présentation très réussie de ta vidéo.

  7. Je pense en effet, l’un des « secrets » de l’universalité de la guerre des étoiles. Ces films ne sont pas de la la SF.
    On n’y trouve de la chevalerie (chevalier JEDI, princesse etc…), du western, de l’amour, de l’humour etc…

    Du coup, il peut toucher un large public.

    • Jean-Charles Dimier

      Oui complètement Rémi, c’est la somme de tous ces genres qui font que la mayonnaise prend aussi bien :)

  8. Cool tout ça, passionnant même (j’ai lu les 3 chapitres). Juste que ça m’a tout l’air d’être un recopiage méthodique et vaguement remanié du livre « L’homme derrière le mythe » de Rajik Djoumi.
    Mister Gutsy Articles récents..Dignité au rabais, ou le délicieux cadavre du Virgin MegastoreMy Profile

    • Jean-Charles

      Alors, j’ai effectivement suivi l’ordre chronologique de la bio de Rafik Djoumi.
      Donc, résumé me conviendrait mieux.

      Bien que, ce ne soit pas non plus tout à fait exact puisque mes sources sont aussi des articles de diverses revues et recherches sur le web dont Wikipédia, entre autre.

      Satisfait ?

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