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Succesrama | December 18, 2017

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George Lucas, l’homme derrière Star Wars (3eme partie et fin)

George Lucas, l’homme derrière Star Wars (3eme partie et fin)
Jean-Charles

Dans l’épisode précédent, Lucas avec son acolyte Kurtz, travaille sur un projet à la « flash Gordon » dont l’ambition démesurée, jugée irréalisable, dépasse le bon sens de son entourage.

Entourage qui essaie tant bien que mal de le dissuader, considérant cette entreprise carrément infantile, mais peu importe.

Un George déterminé rassemble tout son courage pour se lancer dans cette aventure parsemée d’embûches qui à l’image des héros de sa saga, devra affronter bien des péripéties avant de se révéler concrètement à lui-même.

Dans l’immédiat, Lucas doit s’entourer de précieuses alliances pour concrétiser ce qu’il a en tête.

Il ne savait pas encore à ce moment-là que l’histoire était déjà en marche…

 

 

3- Le mythe Star Wars



Le choix du comédien incarnant le personnage d’Obi-Wan Kenobi était crucial.

Pivot pour introduire et expliquer le concept de la force, il fallait un acteur avec une diction parfaite qui dégagerait un véritable charisme, teinté d’une aura bienveillante.

Le légendaire comédien britannique, Sir Alec Guinness lut le script que Lucas lui avait envoyé, sans trop vraiment y croire.

Or, non seulement l’acteur accepta le rôle, mais il redéfinit son personnage en lui apportant bien plus d’épaisseur que ce qui était prévu au départ.

Contrairement au cinéaste, Alec Guinness voyait Kenobi comme un personnage digne et accessible, dont l’apparence indigente du vagabond camouflait une infinie sagesse.

Il suffisait d’aller au-delà des apparences.

Il lui conseilla également d’élaborer davantage le conflit entre Kenobi et Darth Vader, afin de construire une dynamique à la fois réelle et symbolique.

Le conseil d’administration de la Fox fut rassuré de savoir qu’il y avait enfin un nom prestigieux parmi ce casting d’inconnus.

Quant à George, il profita des conseils de Guinness et se remit à l’écriture, sous les précieuses suggestions une fois de plus avisées de Marcia.

 

Alec Guinness et George Lucas sur le plateau Tunisien.

 

Un tournage catastrophique

 

Lucas espérait compléter son script pendant le casting londonien.

Seulement les soucis de pré-production, la pression de la Fox et divers autres impondérables l’empêchaient de se concentrer.

Il décida d’appeler au secours le couple de scénaristes qui avait déjà effectué un travail remarquable sur American Graffiti.

Ces derniers lui envoyèrent plusieurs corrections qui touchaient principalement aux dialogues, plus particulièrement des réparties cinglantes entre Han Solo et la princesse Leïa, créant ainsi un jeu d’attirance-répulsion entre les deux personnages.

Pour l’heure, le tournage pouvait commencer.

Anticipant les problèmes, Lucas pris la décision de ne pas tourner aux États-Unis pour des raisons économiques, mais surtout afin d’éviter toutes grèves syndicales sur le plateau.

Malgré cette précaution, une succession de catastrophes jalonnèrent pourtant la réalisation de ce premier opus.

Le tournage tunisien fut pris en otage par les intempéries qui occasionnèrent la destruction de plusieurs décors principaux.

Certains techniciens soufrèrent aussi de dysenterie.

Lucas et Kurtz ne dormaient plus que quatre heures par nuit pour respecter impérativement le délai de onze jours qui leur étaient imparti.

En cas de prolongation, chaque heure de dépassement aurait été facturée 10 000 dollars.

De retour aux studios de Londres, un George déprimé, fatigué, mais surtout soulagé de rentrer du désert Tunisien, n’était certainement pas au bout de ses peines.

Il dut faire face à l’animosité des techniciens britanniques et plus particulièrement de son chef-opérateur.

Ce dernier refusait de suivre ses indications et prenait le réalisateur de haut, considérant ce jeune freluquet débutant et son film de gamin comme une production insignifiante.

Lucas n’avait pas d’autre choix que de composer avec cette équipe de vétérans fortement syndiquée, hostile à son projet, qui ne manquait jamais une occasion de l’humilier.

Il était loin du plateau familial d’American Graffiti où il pouvait mettre la main à la pâte sur toutes les étapes préparatoires.

Plutôt que d’affronter cette aversion et de se transformer en dictateur, George choisit le repli, serrant les dents face à toutes les pics qui lui étaient adressées.

Affichant une attitude tourmentée, les phrases courtes et le ton sec qu’il employait dès lors, pouvaient être mal interprétés.

Mark Hamill (Luke) se souvient : « George donnait tout le temps l’impression d’être sur le point d’éclater en sanglots. »

D’autant que sa communication avec ses acteurs n’était pas non plus des plus explicite.

Quelle que soit la scène ou les demandes des comédiens, sa seule directive était : « plus vite, plus intense ».

Son trio principal d’acteurs était même prêt à brandir un panneau où il était ironiquement écrit dessus : « plus vite, plus intense ».

Le jeune comédien qui incarnait Luke à l’écran, portait un certain poids sur ses épaules. Il reçut seulement bien plus d’indications judicieuses de la part d’Alec Guinness que de Lucas, remplissant son rôle de mentor bien au-delà de la fiction.

Toujours est-il que dans cette ambiance délétère, personne ne comprenait la nature du film qui était en train de se faire, excepté le cinéaste, le producteur et un Alec Guinness, plus alerte que ses compatriotes.

 

« plus vite, plus intense ! » ;)

 

Le sauvetage de Star Wars

 

En fin de journée, George restait pour superviser le montage.

Le monteur s’avéra aussi peu coopératif que son chef-opérateur et refusait lui aussi de suivre ses indications.

C’est à ce moment-là qu’Alan Ladd, son interlocuteur auprès de la Fox décida de faire une visite surprise sur le plateau.

Il fut très inquiet des rushs qu’il visionna et pris Lucas à part pour une discussion houleuse, mais diplomate.

Il devait faire son rapport au conseil d’administration et il avait de sérieux doutes sur la tournure que prenait les évènements.

Malgré les retards qui occasionnaient des coûts supplémentaires, Ladd décida de lui faire confiance.

Un malheur ne venant jamais seul, George s’aperçut que les scènes tournées en Tunisie étaient inutilisables.

Il fit appel en catastrophe à Marcia, qui grâce à son art du montage, sauva cette partie du film du naufrage.

Après Taxi Driver de Scorsese, Marcia décida de restreindre son activité dans l’espoir de concevoir un enfant.

À son arrivée, elle constata avec stupeur l’état névrotique dans lequel était plongé son mari, trainant des pieds chaque matin, la boule au ventre avant d’aller sur le plateau.

Il n’empêche que les trois derniers jours de tournage des studios londoniens furent un véritable marathon.

Ayant le feu vert de Ladd, Kurtz pris l’initiative de créer deux autres équipes, dont lui-même à la tête d’une, en plus de celle d’un George à bout de nerf, pour boucler définitivement les plans nécessaires.

De retour aux USA, une autre mauvaise surprise attendait le réalisateur hyper tendu.

Les jeunes trublions studieux, mais sans pression d’ILM avaient accumulé un retard considérable n’ayant pas effectué le quart des 365 plans d’effets spéciaux prévus.

Lucas rentra pour la première fois dans une colère noire, accumulée sur les plateaux britanniques et rétrograda son superviseur John Dykstra.

De retour à San Francisco, le réalisateur dans tous ses états, ressentit de violentes douleurs à la poitrine et passa la nuit à l’hôpital. On lui diagnostiqua de l’hypertension aiguë dû à l’épuisement.

Passé cette frayeur, ILM fut réorganisé en deux équipes.

La mentalité hippie du club allait se métamorphosée en une bataille contre les délais où George ne faisait plus de cadeaux.

Là encore, Gary Kurtz fit des merveilles en tant que médiateur entre le cinéaste et les équipes d’effets spéciaux.

Le seul oasis dans ce désert de catastrophes était l’activité de Brett dont Lucas découvrit son prodigieux travail effectué sur le son.

Mais l’accalmie fut de courte durée.

On lui signala que Mark Hamill eut un accident de voiture et qu’il avait immédiatement subit une rapide intervention de chirurgie esthétique du visage, étant passé à travers le pare-brise de son véhicule.

Cela serait sans conséquence, mais la cicatrisation empêchait évidemment tout tournage.

Afin de concevoir d’autres scènes pour des nouveaux raccords, Lucas en fut réduit à employer une doublure.

Le miraculeux talent de Marcia au montage fit le reste…

 

Star Wars (épisode IV) sortit sur les écrans le 25 mai 1977.

 

D’un échec annoncé au colossal succès

 

Alors que la post-production était loin d’être finie, George organisa chez lui une projection privée du film.

Il invita des amis, des collaborateurs et certains cadres de la Fox.

Étaient présents entre autres Alan Ladd, Steven Spielberg, Brian De Palma, John Milius et autres consorts.

N’oublions pas que la version projetée était comme une sorte d’esquisse sur une toile avant que le peintre ne pose définitivement ses couleurs.

C’est-à-dire que le son n’était pas fini et la musique temporaire.

Les célèbres thèmes composés par John Williams, recommandé à Lucas par Spielberg, n’étaient à ce moment-là pas encore d’actualité.

En l’absence des effets spéciaux, il fallait beaucoup d’imagination pour se rendre compte du résultat final.

La projection eut lieu dans un silence de mort où tous se demandèrent, Marcia la première, si George n’avait pas perdu la raison.

Les assauts de De Palma furent très dures à encaisser.

Il démolit son film quasiment scène par scène avec pertinence, certes, mais aussi avec beaucoup de sarcasmes gratuits. Il lui conseilla de laisser tomber ce charabia mystique incompréhensible autour de ce machin nommé « Jedi ».

Seul l’enthousiasme visionnaire d’un Steven Spielberg, enjoué à l’extrême (encore sous l’euphorie de la réussite des Dents de la Mer), ne cessait de répéter à tous que le film allait être un formidable succès.

Il était bien le seul.

Devant un tel fiasco, un Lucas effondré était persuadé d’avoir fait le plus mauvais film du monde.

La bonne nouvelle est que Star Wars s’était bien vendu au Comic Con de San Diego.

La politique marketing négociée avec la Fox deux ans plus tôt, semblait porter ses fruits dans la mesure où les posters, affiche du film et autres comic-books issus de l’univers Star Wars, s’étaient particulièrement bien vendus.

Un nouveau jeune public complètement passé sous les radars des « faiseurs d’opinions » laissait présager un accueil plutôt prometteur au film de Lucas.

Star Wars (épisode IV) sortit finalement sur les écrans le 25 mai 1977, dans seulement 37 salles aux États-Unis.

Ce jour-là, George travaillait sur les doublages étrangers du film. Il était à ce point éreinté qu’il avait complètement oublié le jour de la sortie.

Dînant en ville le soir même avec Marcia, tout aussi fatiguée par son boulot avec Scorsese, ils se demandèrent pour quelle raison la circulation était bloquée de la sorte.

Avant de se rendre compte que la cohue gigantesque qui envahissait le quartier, patientait pour voir son film.

Le couple n’en revenait pas !

Star Wars fut effectivement un raz de marée sans précédent !

 

Le « merchandising Star Wars » fera la colossale fortune de Lucas.

 

Le nouveau nabab d’Hollywood

 

La guerre des étoiles avait fait plus de 700 millions de dollars à travers le monde, dont 460 rien qu’aux États-Unis (actuellement plus de deux milliards).

Aucun film dans l’histoire n’avait rapporté autant en une aussi courte période.

Comme avec le succès d’American Graffiti, Lucas fut encore plus généreux lors du partage des bénéfices, récompensant les personnes les plus méritantes.

Détenant tous les droits de l’univers Star Wars, entre le merchandising et diverses publications, le cinéaste engrangea une colossale fortune qui lui apporta définitivement cette indépendance vis-à-vis des studios, tant convoitée.

Indépendance financière qui fut exponentielle avec les cartons de L’Empire contre attaque (épisode V) en 1980 et Le Retour du Jedi (épisode VI) en 1983.

Pour les suites, George avait délégué le scénario et la réalisation à d’autres réalisateurs, mais toujours selon ses directives.

Il perdit cependant la précieuse collaboration du prodigieux Gary Kurtz, allié de la première heure.

Lucas avait injustement rendu responsable Gary sur les retards accumulés du tournage de L’Empire contre attaque alors que le résultat final fut éblouissant avec qui plus est, un retour sur investissement optimal.

Gary partit sans animosité, mais son absence se ressentira énormément sur la réussite de la seconde et future trilogie.

Occupé par la gestion de Lucasfilm et la construction du ranch Skywalker, George quitta progressivement sa peau de cinéaste pour celui d’homme d’affaires.

En tant que producteur, il concrétisa avec son ami Steven Spielberg à la réalisation, Les Aventuriers de l’arche perdue qui sortit en juin 1981.

Là encore Indiana Jones fut un triomphe.

Il deviendra à son tour une saga avec trois autres films qui lancera définitivement la carrière d’Harrison Ford.

Lucas investit également ses gains dans l’industrie du gaz, du pétrole et le marché de l’immobilier.

L’ombre de Lucas senior n’était pas très loin…

Et cela confirma les craintes de Marcia qui sentait son mari s’éloigner de plus en plus de la création cinématographique.

Alors que George accepta l’idée de sa stérilité, ils s’empressèrent d’adopter une fille en 1981.

Mais déjà la trace d’une fracture se profilait à l’horizon.

Face à un époux qu’elle trouvait bloqué de plus en plus émotionnellement, qui passait son temps à travailler alors que le ménage avait de quoi s’offrir du bon temps.

George refusa catégoriquement les solutions proposées par sa femme pour sauver leur relation comme consulter un psychothérapeute de couple.

La rupture fut imminente.

Marcia se sentant délaissée, entretint une relation avec un artisan qui travaillait pour l’occasion au ranch.

George en fut profondément blessé.

Ils divorcèrent en 1983.

Lucas perdit avec le départ de Marcia, la seconde personne, qui a largement contribué à la réussite de Star Wars.

Après le départ de son producteur Gary Kurtz, cette seconde perte se ressentira fortement sur la pertinence de la suite de son œuvre.

 

Spielberg + Ford + Lucas, le tiercé gagnant !

 

Déception de la seconde trilogie

 

À la tête de son département d’effets spéciaux ILM où officiaient les meilleurs techniciens du monde et son indépendance totale, Lucas pouvait enfin se donner les moyens de concrétiser sa seconde trilogie, dont l’action précède chronologiquement la première.

1999 fut l’année du retour de Star Wars en fanfare sur grand écran. Il marqua aussi pour l’occasion celui de George en tant que réalisateur après vingt-deux ans d’absence.

La Menace Fantôme (épisode I) fut suivi en 2002 de L’Attaque des Clones (épisode II) et en 2005, La revanche des Sith (épisode III).

Ce dernier faisant la liaison avec l’épisode IV, le premier Star Wars de 1977.

Malgré l’excitation des fans, l’engouement pour cette deuxième saga, de l’avis des spécialistes n’arrivait pas à la hauteur de la première.

Ce fut même une terrible déception.

N’oublions pas que Lucas avait perdu ses précieux garde-fous principaux.

Sa nouvelle équipe lui était totalement dévouée et personne n’osait contester ses décisions.

Après tout c’était l’homme qui avait créé le mythe.

L’absence des conseils et suggestions d’un Gary Kurtz toujours lucide, pragmatique et surtout complémentaire ou encore les lectures avisées d’une Marcia qui améliorait sans cesse la pertinence des scripts, se ressentirent terriblement.

Or si Lucas était devenu un grand styliste doublé d’un formidable businessman, il était toujours resté un très mauvais scénariste.

Livré à lui-même, il était retombé dans les travers de ses débuts, oubliant même les thèses Campbeliennes.

Et ce n’est certainement pas son nouveau jeune producteur Rick McCallum, entièrement rangé aux décisions de son employeur qui risquait de contester quoi que se soit au sein de la nouvelle trilogie.

Cette perte de bon sens créatif reflétait une nouvelle saga devenue prétentieuse, lourde et plombé par des choix scénaristiques maladroits.

Malgré tout, elle obtint un grand succès, mais la comparaison avec la première en terme de chiffre fut abyssale.

Maintenant, que l’on adhère ou pas à ses films, George Lucas a sans aucun doute su créer par sa persévérance et un acharnement à toutes épreuves, un cinéma populaire de purs divertissements qui a largement influencé toute une nouvelle génération de célèbres cinéastes.

Ils se nomment James Cameron (Avatar), les frères Wachowski (Matrix), Christopher Nolan (Batman) ou encore Peter Jackson (Le seigneur des anneaux)…

Ils ont tous bénéficié de l’incroyable technologie développée chez LucasFilm.

 

Quant au mythe Star Wars, il a contribué, continue et continuera encore à faire rêver de nombreuses générations de cinéphiles.

 

Après tout, la Force est éternelle :)

 

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