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Succesrama | June 29, 2017

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10 Comments

Jack Ma ou le Bill Gates chinois

Jack Ma ou le Bill Gates chinois
Jean-Charles

« Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera. »

La prophétie de Napoléon 1er, reprise ensuite par Alain Peyrefitte, homme politique français se vérifie effectivement aujourd’hui.

Et si Jack Ma, un de ses plus importants instigateurs, reste encore inconnu du grand public.

Sa réussite mérite le détour, tant elle représente une des plus belles success stories de l’économie chinoise.

Leader dans l’e-commerce en Asie qui compte cinq entreprises de commerce en ligne, il a détrôné eBay et PayPal.

En créant un concept unique, son site Alibaba offre aux PME l’accès au marché mondial.

Un conte des temps modernes des Mille et Une Nuits ?

En tout cas, ce gigantesque « halle en ligne » satisfait plus de 50 millions de clients du monde entier qui achètent les produits provenant des 100 000 entreprises déjà répertoriées.

Jack a su saisir à l’instar d’un Jeff Bezos (inventeur d’Amazon) l’énorme potentiel qu’offrait Internet.

 

Un itinéraire atypique qui ne laissait pourtant en aucun cas, présager un tel succès.

 

Une scolarité médiocre dans un contexte totalitarisme

 

Jack Ma nait à Hang-Zhou en 1964, une ville située à 200 kilomètres de Shanghai, plus réputé pour ses atouts touristiques que son dynamisme économique.

De son vrai nom Ma Yun (il se fait appeler Jack Ma en occident), il passe son enfance en pleine révolution culturelle, sous le signe de la terreur.

Une politique sanglante est lancée par Mao pour éliminer les élites intellectuelles, suspectées d’adopter les valeurs occidentales.

Son milieu social sera épargné par cette répression, trop modeste pour éveiller les soupçons.

Mais les parents du petit Ma sont autrement plus préoccupés par son caractère difficile et ses calamiteux résultats scolaires.

Plus attiré par les arts martiaux que par les mathématiques, il échoue deux fois à l’examen d’entrée de l’université pour finalement se trainer laborieusement dans un établissement de seconde zone.

Cependant son point fort est sa maitrise de la langue de Shakespeare dont il parle quasi-couramment.

Il opte donc sans vraiment grande conviction pour l’enseignement dès la fin de ses études.

Et peaufine ses compétences linguistiques en montant parallèlement une entreprise de traduction.

C’est toutefois en 1995 qu’un évènement majeur va considérablement changer sa vie.

Il participe en tant qu’interprète à un voyage d’affaire aux États-Unis, organisé par le gouvernement chinois.

Jack est témoin là-bas d’une nouvelle révolution : Internet

 

Alibaba.com

 

Alors que Ma découvre Internet en Amérique, les citoyens chinois ignorent tout jusqu’à son existence.

Il prend conscience de l’énorme potentiel de cette découverte et importe en rentrant chez lui ce nouveau formidable moyen de communication.

Il se forme à l’informatique, crée des sites pour ses amis, mais surtout conçoit un projet original.

Il constate durant une conférence sur le e-commerce, que la plupart des intervenants dans la vente des produits « made in China » sont américains.

Or, il réalise que la Chine se doit aussi de créer son propre modèle économique, profitant de la manne que procure cette nouvelle révolution appelée Internet.

Il met en ligne son site Alibaba.com.

Cette plate forme sur le net, lancé avec un capital dérisoire (60 000 dollars) utilise la stratégie suivante :

Elle aide les PME chinoises à se faire connaître vis-à-vis des entreprises occidentales qui désirent sous-traiter avec eux.

L’équipe des débuts est réduite à 18 employés dans un local à deux pièces.

Si l’idée séduit, le succès tarde à venir, surtout avec l’éclatement de la bulle Internet, auquel la plupart des start-up de l’époque se heurte.

Une grande majorité d’entre-elles, disparaisse d’ailleurs aussi vite qu’elles se sont créées…

Mais Jack va bénéficier d’un extraordinaire coup de pouce du destin, si l’on peut dire.

Car une grave épidémie qui touche l’Asie en 2003 – l’épidémie Sras, caractérisée par un syndrome respiratoire aigu sévère – limite les déplacements des hommes d’affaires en Chine.

Il en résulte une multiplication des transactions en ligne.

Dans le cadre de ce contexte dramatique, cette crise sanitaire sera une formidable rampe de lancement pour son site Alibaba qui va enfin décoller et exploiter son concept au maximum pour faire de gros profits.

 

« Internet permet aux PME de concurrencer les grands groupes. »

 

Miser sur le potentiel des PME

 

Malgré ce succès, Jack garde la tête froide et assure une stratégie de diversification.

Il forme ainsi un véritable groupe généraliste de l’Internet.

Il lance Taobao (traduisez par « à la recherche d’un trésor ») qui va dépasser largement eBay sur le marché chinois de la vente aux particuliers, à tel point que le géant fermera son site en Chine.

Et il ne s’arrête pas en si bon chemin puisqu’il développe également sa propre plate forme de payement en ligne sans carte bancaire, AliPay.

Avec plus de 60 millions de dollars de transaction gérées en 2009, il souffle 50 % du chiffre d’affaires du e-commerce chinois, renvoyant le système Paypal d’eBay aux oubliettes !

Son entrée en bourse de Hong-kong grâce à une juteuse opération avec Jerry Wang, fondateur de Yahoo, assoit définitivement sa crédibilité.

En échange de 39 % du capital d’Alibaba, ce dernier lui cède toutes les activités et services de Yahoo en Chine.

Jack Ma possède enfin des moyens à la hauteur de ses ambitions.

Il a surtout une vision de son pays autre qu’un atelier géant à bas coût qu’on la plupart des occidentaux.

Selon lui, il faut miser sur la diversité de ses PME.

Pourquoi ?

Parce que 70 % des innovations en Chine sont créées par les PME.

Elles sont souvent confrontées à plus de difficultés que les grands groupes et leurs capacités d’adaptation montrent un potentiel qui ne demande qu’à se développer.

Jack désire booster ce gigantesque marché via Alibaba pour promouvoir les innovations de PME chinoises , puis mondiales, en affichant leurs produits en ligne.

Il veut également favoriser la création d’entreprise en introduisant le microcrédit dans son pays avec la collaboration de son inventeur bangladais  Muhammad Yunus.

Il en découle une progression fulgurante de son chiffre d’affaires (soit plus de 75 % entre 2007 à 2009), période pourtant supposée néfaste puisqu’en pleine crise mondiale.

 

« Mon idée folle : un milliard de clients sur Alibaba.com en 2020″


 

Jack Ma considéré comme un héros

 

Qui aurait pu prédire il y a dix ans qu’un obscure petit prof d’anglais allait assurer une telle réussite dans le e-commerce, sans absolument rien connaître au début dans ce domaine ?

Toujours est-il qu’aujourd’hui, Jack Ma est considéré en Chine comme un véritable héros, valorisant ainsi son pays autrement que par une main d’œuvre bon marché.

Pas si mal, pour un ancien cancre invétéré !

Et selon son ambitieux démesurée, il pronostique d’ici 2020, dix millions de personnes travaillant chez Alibaba, 100 millions d’emplois créés dans les PME à travers le monde, avec une estimation d’un milliard de personnes, utilisant la plate-forme Alibaba !

Quand on nous disait le jour où la Chine s’éveillerait…

 

Les raisons de son succès :

 

  • Internet permet aux PME de concurrencer les grands groupes
  • La stratégie commerciale doit s’adapter aux spécificités de chaque pays
  • Le service aux entreprises est un des marchés prometteurs de l’e-commerce

 

Commentaires

  1. Rodrigue AGONGBONOU

    C’est édifiant cette histoire. Merci

    • Jean-Charles Dimier

      Y’a pas de quoi Rodrigue :)

  2. Tous les espoirs sont permis pour tout le monde !
    Beau message que tu nous délivres là !
    Merci Jean-Charles

    • Jean-Charles Dimier

      Merci Patricia,

      Oui, son parcours est assez extraordinaire.
      Surtout lorsque l’on sait dans quel contexte il a grandit.

      À bientôt

  3. Merci pour cet article intéressant. J’aime la photo que tu as choisi en haut à gauche.
    Jack Ma a su trouver un potentiel de marché vraiment énorme.
    Son site alibaba.com est très épuré mais simple à utiliser.
    La navigation y est ergonomique.
    J’ai apprécié le passage « L’équipe des débuts est réduite à 18 employés dans un local à deux pièces », je trouve que c’est déjà pas si mal de démarrer une entreprise avec 18 personnes, cela demande de bonnes capacités de gestionnaire.

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Claire,

      Le plus intéressant dans cette histoire est que Jack Ma n’avait absolument pas le profil pour se lancer dans une telle aventure, sans parler du contexte politique de la Chine à cette époque.
      Merci pour ton passage.

  4. Bonjour Jean-Charles,

    Ravie de lire cette histoire et de découvrir complètement le phénomène. Nous sommes loins de la Chine que j’ai connue en 1999 au tournant de ce siècle. Mais je savais bien que ce genre de parcours allait émerger. Ils ont du ressort avec leurs quelques millénaires d’histoire et surtout ils ne sont pas dans la pensée linéaire.

    A suivre Alibaba…

    Amicalement

    Emmanuelle

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Emmanuelle,

      Tu as raison. La Chine évolue très vite et ses habitants prennent conscience de leur énorme potentiel économique autre qu’un atelier géant à bas coût.

      À bientôt

  5. Bonjour,
    En effet, Alibaba est plutôt connu mais pas son créateur. Il est dommage qu’en France il n’y ait pas plus de Jack Ma, Pierre Kosciusko-Morizet ou de Stéphane Treppoz.
    Et comme annoncé, l’avenir d’Internet et du e-commerce passera probablement par les PME.

  6. probablement par les PME.

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