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Succesrama | September 20, 2017

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10 Comments

Jack Welch ou le terrible P-DG de General Electric

Jack Welch ou le terrible P-DG de General Electric
Jean-Charles

« Chaque année, virez les 10 % de vos collaborateurs les moins performants »
C’est un des principaux conseils que donna Jack Welch, P-DG de General Electric de 1981 à 2001, à ses managers.

Le ton est donné, la couleur annoncée !

Antipathique ? Irascible ? Despotique ?

Non, en fait, l’homme dispose tout simplement d’un franc-parler certain.

Et cela lui a plutôt bien réussi.

Alors que Jack a démarré en bas de l’échelle.

Il est devenu le dirigeant numéro 1 de General Electric et décuplé les profits de la firme avec un chiffre d’affaires qui a progressé sous sa direction de plus de 364 %.

Nommé  « manager du siècle » en 1999 par le magazine Fortune, comment est-il parvenu au sommet ?

C’est l’histoire d’un homme dont la franchise est selon lui, l’une des clés de son succès.

 

Une mère à forte personnalité

 

Né en 1935, Jack Francis Welch est issu d’un milieu modeste.

Son père est contrôleur dans les trains et sa mère est femme au foyer.

Cette femme au caractère bien trempé aura une incidence capitale sur la vie de son fils unique.

Pour l’anecdote, lors d’un match de hockey, après une saison calamiteuse, le jeune Welch, fou de rage jette sa crosse par terre.

Alors que les joueurs retournent aux vestiaires, une femme d’âge moyen en robe à fleurs, traverse la pièce sous un silence général immédiat.

Elle fonce droit vers son rejeton et l’agrippe par le haut de sa tunique et lui balance haut et fort :

« Espèce de vaurien, si tu ne sais pas perdre, tu ne sauras jamais gagner ! »

Un tel lynchage devant tous ses amis, Jack n’oubliera jamais cette leçon sur les valeurs de la compétition, qui constitueront définitivement les fondations de sa personnalité.

À savoir, apprécier le plaisir de la victoire, mais aussi la nécessité d’accepter la défaite.

Welch fréquente l’école du quartier et sera le seul de son milieu à poursuivre des études …

Il ne côtoie toutefois pas les grandes institutions et n’obtient pas non plus de MBA à Harvard (Master in Business Administration).

Il est issu d’une obscure université d’Amherst, peu réputé dont il sort diplômé dès 1957.

Encouragé par ces premiers lauriers, il poursuivra son cursus en obtenant un doctorat en chimie, tout en jonglant avec des petits boulots.

 

Un début de carrière relativement humble

 

En 1960, il décroche son véritable premier job chez General Electric par la petite porte, pour en sortir 40 ans plus tard par la grande, en tant que P-DG.

Un parcours entrepreneurial de toute une vie, dévoué à une seule institution, fondée en 1892 par le grand Thomas Edison, le génial et célèbre inventeur aux multiples brevets (dont l’ampoule électrique).

General Electric constitue un véritable mastodonte présent dans plus de vingt secteurs, allant du grille-pain aux centrales électriques en passant par les tubes en plastiques et les moteurs d’avion.

Jack se rend vite compte un an après son embauche que le géant est handicapé par la lourdeur de son organisation, plombée de surcroît par une administration taxée d’immobilisme.

Seul l’intérêt de son travail le convainc dès lors de ne pas démissionner.

Et il a raison de s’accrocher l’ami Jack !

Ambitieux, briseur de routine et dynamique, l’homme pressé prend très vite du galon dès 1965 et devient chef de projet.

Il dirige divers postes notamment le département du plastique et la division chimie-métallurgie.

Son énergie communicative et ses compétences le catapultent directement directeur du groupe en 1973.

Il atteint alors le 27 ème échelon hiérarchique d’une organisation qui en compte 29.

À 42 ans, Jack peut se targuer d’un sacré parcours professionnel d’autant qu’il est à deux doigts du fauteuil présidentiel.

Or le « Big Boss » doit justement tirer sa révérence dans trois ans…

 

Un des nombreux building de la firme.

 

Manœuvrer General Electric

 

Malgré son côté fonceur et son apparence culottée, Welch souffre cependant d’un certain complexe d’infériorité.

Il est petit, chauve, doté d’une élocution médiocre.

Il n’a aucun appuie politique et ne connait absolument rien aux médias.

Bref, l’homme semble cumuler bien plus de handicaps que d’atouts.

Pourtant, c’est sa spontanéité qui va le sauver.

Et le déclic provient d’un de ses proches collaborateurs.

Alors que Jack sort le grand jeu pour une réunion importante – costume sombre, chemise apprêtée – un administrateur de GE l’interpelle et lui dit :

« Jack, ce déguisement, ce n’est pas toi. Reste simple, c’est ta nature. »

Notre homme se libère ainsi définitivement des contraintes de « l’establishment » et change donc son fusil d’épaule.

Il n’accorde plus autant d’importance à l’apparence et lors des embauches il privilégie son instinct.

En effet, pour Jack ce qui prime sur les diplômes c’est avant tout la dynamique du candidat. Son appétit qu’il montre à s’investir dans son travail, de saisir l’opportunité d’aller de l’avant.

Il demande également la même exigence envers ses adjoints.

Mais pour diriger un tel mastodonte qu’est GE, il opte pour un stratagème bien précis.

Welch s’efforce d’insuffler l’esprit d’une petite entreprise dans le corps d’une grande.

Il n’a qu’une seule obsession : éliminer la bureaucratie et casser les habitudes.

 

« Chaque année, virez 10% de vos collaborateurs les moins performants »

 

« Neutron-Jack »

 

Pragmatique, Jack Welch n’hésite pas à donner un grand coup de pied dans la fourmilière quand il estime cela nécessaire.

Malgré la catastrophe du département nucléaire de Three Mile Island en mars 1979, qui tourne depuis au ralenti, il continue d’entretenir 2500 salariés à « végéter ».

« Au cas où de nouvelles centrales seraient construites » justifie le responsable.

Furieux Jack décide de reclasser une grande partie du personnel et ne laisser sur place qu’une équipe de maintenance de 160 personnes sur le site.

Malgré une multitude de contestations, elles s’envolent aussi vites que le bond des bénéfices, provoqué par cette décision.

Ses coups de balaie pour élaguer les branches inutiles, voir obsolètes, lui attirent en apparence une certaine antipathie, n’hésitant pas à supprimer 100 000 emplois.

En cinq ans, il réduit les effectifs de 421 000 à 300 000 salariés.

Pour l’occasion, il gagnera le doux sobriquet de « Neutron-Jack » en raison de sa capacité à « éliminer » les employés tout en laissant les filiales ou entreprises appartenant à GE intactes, à l’image de la bombe à neutrons.

Pourtant, Jack Welch malgré sa réputation de « coupeur de tête » va se révéler un formidable amiral pour mener son cuirasser au port du succès.

Augmentant considérablement le chiffre d’affaires et les bénéfices de la firme, il est le premier à pressentir le déclin de produits manufacturés américains face aux importations asiatiques.

Il investit dans des secteurs d’avenir comme l’imagerie médicale ou encore la finance combinée avec l’industrie en créant la filiale GE Capital…

Cette stratégie lui fait connaître un essor spectaculaire : de 1980 à 2000 ses actifs passent de 11 à 370 milliards de dollars et le nombre de pays où la firme est présente de 2 à 48.

Il insuffle un nouvel état d’esprit au sein du groupe GE en insistant sur la nécessité absolue d’une réelle libre circulation des idées.

Ce qui aura un effet extrêmement positif sur la performance de tous les secteurs de l’entreprise, libérés du cloisonnement dont ils étaient victimes auparavant.

La seul ombre à son tableau se révéla être l’achat dans la haute finance du Kidder Peabody en 1986 dont des malversations d’un dirigeant mirent l’affaire dans le rouge durant de longues années avant sa liquidation.

Quoi qu’il en soit, ce maître d’œuvre de l’organisation s’est efforcé de supprimer ce dont il a toujours eu horreur, la bureaucratie, mais il a surtout amélioré la réactivité du groupe.

Il prépare d’ailleurs sa succession dès 1994, en évitant les erreurs caractérisées par les manœuvres qui ont précédé la sienne à l’époque de sa nomination comme P-DG.

Une sage précaution, puisque l’année suivante, il est victime d’un infarctus.

Toujours est-il que son départ à la retraite en 2001, se fait avec le sentiment du devoir accompli.

Il enseigne depuis à la Sloan School of Management du MIT avec la même verve iconoclaste qui a jalonnée toute sa prodigieuse carrière :

« Les dirigeants qui ne savent pas licencier devraient être mis à la porte » avant d’ajouter « Ceux qui y prennent trop de plaisir, aussi. »

Les leçons de son succès :

  • Ne rester dans un métier que si on est le leader ou le numéro 2
  • Avant une acquisition, vérifier la comptabilité des cultures d’entreprises
  • La valeur d’une stratégie est celle des hommes qui l’appliquent

 

Commentaires

  1. Bonjour Jean-Charles Shéhérazade,

    Merci une fois encore pour ce morceau d’anthologie.

    On sent une énergie extraordinaire et on peut encore une fois se rendre compte que lorsqu’on veut atteindre un objectif on peut y arriver même si au départ les conditions familiales ne sont pas les plus favorables.

    C’est aussi pourquoi les discours larmoyants de pas mal de gens se plaignant qu’il leur a manqué ceci ou cela ou bien qu’ils n’ont pas eu de chance me « hérissent ». Pratiquement tous les grands Hommes (et Femmes bien sûr) de l’humanité ont eu des débuts difficiles ou ont dû lutter devant l’adversité alors de grâce « tous les saules pleureurs » relisez les biographies de tous ces « pauvres » qui ont réussi.

    Quant à Welch il ne s’est sûrement pas fait que des amis mais je crois par expérience personnelle que la franchise « paie » ce n’est pas toujours bien vu mais à la longue ça paie

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Sylviane,

      Il est certain que l’ami Jack ne s’est pas fait que des amis.
      Mais il a toujours assumé ses décisions et puis surtout quelle carrière !

      Et tant pis pour les « Saules Pleureurs » qui le critiquent ;)

      1000 merci pour ta fidélité, à bientôt.

  2. Bonjour Jean Charles,

    Tu nous dépeins, avec talent comme toujours, les aventures professionnel de Jack Welch.
    Je dois dire que ça ne le rend pas particulièrement sympatique, mais terriblement efficace.

    Ma conclusion : – faire des sacrifices est indispensable à la réussite !
    – pas besoin d’être issu de l’élite pour réussir !
    – la poursuite sans relâche de l’objectif paie !
    A bientôt sympathique JC

    • Jean-Charles Dimier

      Merci pour ton sympathique commentaire Patricia :)

      C’est vrai que « l’ami Jack » peut paraître rude au
      premier abord.

      Mais il faut reconnaître que sa franchise a été payante.

      Et tu as raison de le souligner, conviction et persévérance sont les ingrédients
      nécessaires à toute bonne réussite qui se respecte.

  3. Karim

    Bonjour Jean Charles, merci pour l’histoire. Puissent le franc-parler de cet homme et sa capacité d’assumer nous inspirer en tant que leaders en devenir.

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Karim,

      Oui, un franc-parler qui lui a plutôt bien réussi, même si cela ne lui a pas attiré que des amis.

  4. L’évolution des actifs sur 20 ans est tout simplement incroyable, on se demande meme bien de ce qu’ils peuvent faire avec autant d’argent, le pire c’est que dans la plupart du temps ça dors juste sur des comptes offshore et ça ne profite à personne au final.
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    • Jean-Charles

      Bonjour Patricia,

      Sous l’ère Welch, les bénéfices étaient réinvestis dans l’entreprise, contribuant ainsi à payer diverses formations pour faire progresser ou recycler entre autre, le personnel licencié…

  5. Histoire inspirante!

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