Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image

Succesrama | 16 octobre 2019

Scroll to top

Top

2 Comments

Le fabuleux destin de Juan Esperanza

Le fabuleux destin de Juan Esperanza
Jean-Charles

Cet article participe à l’événement inter-blogueurs : « Les trois livres qui ont changé votre vie », organisé par le blog : Des livres pour changer de vie.

 

 

L’espoir…

L’espoir est une des fondations sur laquelle nous bâtissons nos réussites. Ce processus se cristallise en confiance, la confiance en détermination, et la détermination en action. L’origine de cette aspiration jaillit en partie de notre imagination, à rêver d’un monde meilleur, d’une vie meilleure, d’un lendemain meilleur.

Alors quelle dose d’espoir peut-on espérer obtenir lorsque l’on pousse son premier cri dans une décharge publique d’une mégalopole surpeuplée du Mexique ?

C’est l’extraordinaire épopée de Juan Esperanza, abandonné dès sa naissance parmi les détritus, triomphant vingt-trois ans plus tard au 400 mètres lors des Jeux olympique de 2016.

Son secret ?

Trois livres qui ont changé sa vie.

Voici comment.

Il faisait une chaleur torride cet été-là, sans parler de l’épouvantable odeur environnante, caractéristique d’un dépotoir s’étendant à perte de vue. Alors que les piaillements des oiseaux en quête de nourriture couvraient à peine le cri du nouveau-né, des gosses des rues cherchaient eux aussi le moyen de subsister. Leur attention fut captivée par un troublant combat. Des goélands défendaient en haut d’un monticule de déchets un trésor qu’ils ne comptaient certainement pas partager avec les autres vautours.

Intriguée, la bande juvénile s’approcha prudemment. Les laridés s’envolèrent aussitôt, laissant un couffin à découvert. Telle ne fut pas leur surprise en trouvant un bébé chétif, barbouillé de sang et de crasse séchés. La mauvaise santé du miraculé eut au moins un avantage : il n’intéressa pas les trafiquants d’organes. Un des gamins plus scrupuleux, le laissa finalement choir sur les marches d’une église, presque moribond…

La loi du plus fort régnait dans l’orphelinat où grandit quelque temps Juan. Cependant, grâce à l’enseignement de sœur Marina, Juan apprit à lire. La compagnie des livres fut une véritable révélation pour le jeune orphelin. Percevant son intérêt pour la littérature, la religieuse le dispensa de quelques leçons particulières pour approfondir ses connaissances, lui prêtant autant d’ouvrages qu’il désirait. Un en particulier l’interpella : Jonathan Livingston le Goéland, de Richard Bach. Il s’identifia à l’histoire de cet oiseau banni de son clan, jugé pour ses idées subversives, mais surtout pour sa soif de liberté. Il trouva dans ce conte initiatique, un étrange écho à l’aube de son existence.

Malheureusement, l’établissement ferma, faute de crédits. Juan intégra une famille adoptive qui le détesta dès l’instant où elle le recueillit. Il s’enfuit quelques mois plus tard, l’esprit de « Jonathan » planant sans aucun doute au-dessus de lui.

Il vécut l’enfer des favelas où la violence, la prostitution, la drogue et autres trafics en tout genre entretenaient une guerre des gangs sans merci, dont les enfants des rues alimentaient chaque année les rangs en tant que « Cholos » (terme mexicain désignant une personne appartenant à un gang), le taux de mortalité étant très élevé.

Pour survivre, Juan, âgé d’une quinzaine d’années maintenant, n’eut pas d’autre choix que d’en intégrer un. Lors d’un guet-apens sanglant d’une bande concurrente, il ne dut son salut qu’à la rapidité avec laquelle il courut pour échapper à une mort certaine.

La peur donne des ailes, mais elle contribua surtout à révéler au jeune survivant ce talent qu’il perfectionna depuis ce jour, au quotidien. Un nouvel espoir grandissait en lui à mesure de ses entrainements. La course à pied devint plus qu’une passion : elle devint sa raison de vivre. Mais la route était encore longue pour devenir un athlète confirmé, surtout pour un gamin seul et sans ressource.

Or, un exceptionnel concours de circonstances allait booster son avenir. Quittant définitivement l’environnement dangereux des favelas, Juan s’improvisa comme guide auprès des étrangers désirant s’affranchir des traditionnels circuits touristiques. Alors qu’il quitta un de ses clients qui embarquait dans un bus en direction de l’aéroport, Juan s’aperçut que ce dernier avait oublié son petit sac à dos, contenant passeport et cartes bancaires. Tandis que le véhicule s’engageait sur le périphérique, Juan le rattrapa et courut un certain moment à côté pour signaler au chauffeur de s’arrêter. Un des passagers, issu de la commission olympique mexicaine, fut ébahi par la vélocité, mais surtout par l’endurance du jeune garçon.

Juan intégra un programme sport-étude en raison de l’excellence de ses tests à la course à pied. Pourtant, il n’était pas encore au bout de ses peines. Raillés par ses adversaires en raison de ses origines et sa maigreur, l’ancien cholo essuya de nombreux sarcasmes.

Sur les neuf athlètes sélectionnés, il arriva sixième. Il se découragea obtenant l’avant-dernière place au score suivant. À tel point que Juan, complexé, se demanda si finalement, il était fait pour la compétition, car sa taille moyenne détonnait parmi des participants dépassant souvent un mètre quatre-vingt-dix. La réponse à tant d’incertitudes se dévoila sous la forme d’un opuscule d’Eileen Caddy : « La Petite Voix », abandonné sur un banc. La particularité de ce livre atypique délivre un message positif correspondant chaque jour de l’année, du premier janvier au trente-et-un décembre. On peut également l’ouvrir au hasard en quête de solutions selon nos interrogations du moment.

Se construisant un mental d’acier, Juan s’accrocha à son rêve d’olympiade et persévéra contre vent et marée. Lorsque l’ombre du doute grandissait, il consultait régulièrement « La Petite Voix » laissant une résonance salvatrice au fond de lui. Il devait continuer, persuadé en son for intérieur qu’il empruntait la bonne piste.

Toujours féru de littérature, Juan découvrit un roman d’aventures : « Paul Harris – Le Crâne de Cristal – », où le héros, tout comme lui, était aussi un orphelin. Il s’identifia au protagoniste de ce récit, à se forger un destin hors du commun avec courage. En lisant ce livre, il comprit aussi que son entourage était primordial pour évoluer dans une sphère saine et constructive. Alliés, mentors, amitiés sincères encouragèrent l’ancien gosse des rues à devenir un athlète accompli, jusqu’à la première marche du podium des J.O de 2016, célébrés à Rio de Janeiro.

Le triomphe de Juan ne s’arrêta pas en si bon chemin. Un bel avenir s’annonçait sous le soleil radieux d’une vie pleine de promesses, mais ceci constitue un autre chapitre de son existence.

L’espoir…

À l’instar du parcours exceptionnel de Juan Esperanza, tout rêve commence par l’espoir. Toute histoire de succès qui connaît un dénouement heureux inclut cette formule, indissociable aux contes les plus célèbres de notre enfance :

« Il était une fois une femme, un homme qui espérait qu’un jour… »

La vôtre doit forcément démarrer de la même façon.

 

 

*          *          *

 

 

Évidemment, ce petit récit positif n’est que pure fiction. Je trouvais qu’il était plus sympa d’évoquer à travers l’histoire de Juan, trois ouvrages initiatiques majeurs , du moins en ce qui me concerne.

Il y a certainement des livres qui ont également compté pour vous aussi, alors n’hésitez pas si c’est le cas, à en parler dans les commentaires 🙂

 

 

Pour approfondir le sujet sur le parcours d’une existence, je vous recommande également 160 citations sur la vie, issues Des livres pour changer de vie. Incontournable !

Next Story

This is the most recent story.

Comments

  1. Merci pour les découvertes !

    • Jean-Charles

      Avec grand plaisir 🙂

Submit a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.