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Succesrama | June 29, 2017

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17 Comments

Le miroir magique

Le miroir magique
Jean-Charles

 

 

On pouvait dire que David Lebon portait bien son nom.

Ce quinquagénaire altruiste avait fait fortune dans les tupperwares.

L’explosion du marché des fours à micro-ondes à la fin des années 80, confirma son flair pour investir dans le secteur du plastique.

Et David fut reconnaissant auprès de cette providence qui lui avait accordé réussite et prospérité.

Il avait pourtant essuyé quelques années auparavant un licenciement économique au sein d’une grande compagnie.

Au lieu de percevoir cet évènement comme une tragédie, il jugea au contraire que c’était peut-être l’occasion de saisir sa chance.

Et grâce à sa prime d’indemnité, il put enfin créer sa propre affaire.

Son succès grandissant, il n’hésitait pas à donner de sa personne pour aider les secours populaires, distribuer des repas chauds durant l’hiver ou encore dispenser de précieux conseils pour encourager de jeunes entrepreneurs à se lancer, sans compter ses nombreux dons pour diverses œuvres caritatives.

David Lebon était considéré comme un bienfaiteur et sa réputation « de bon samaritain » allait même au-delà de la ville.

 

Aussi, ce matin-là, alors qu’il se rendait à pied à son bureau en traversant toujours le grand pont qui enjambait le fleuve.

Il vit un homme prêt à sauter dans le vide.

Se précipitant à sa rencontre pour le faire basculer du bon côté, les deux hommes tombèrent sur le macadam.

David se releva le premier et tendit la main au second pour le relever.

C’était un sans-abri à l’allure complètement dépenaillée, avec une barbe d’au moins huit jours.

Il portait des vêtements en accordéon qui semblaient avoir traversés un champ de chardons.

Éclairé par les premiers rayons de soleil printaniers, son visage affichait une grande détresse.

« Je ne vous blâme pas d’avoir l’air surpris de mon apparence  » commença -t-il, « mais merci de m’avoir retenu, je crois que j’aurais sauté. »

Lebon ne fit aucun commentaire et ne porta aucun jugement.

Il l’invita simplement à prendre un petit-déjeuner sur une terrasse où l’inconnu lui raconta son histoire.

Ses ennuis avaient commencé un an plus tôt, quand il rompit avec sa femme.

Après son divorce, tout commença à aller de mal en pis.

Il perdit son travail et compromit sa santé en se réfugiant dans l’alcool.

Le ton de sa voix et le langage qu’il employait indiquait clairement un homme cultivé qui dégageait malgré son apparence une réelle prestance.

En le questionnant, David apprit qu’il avait été le propriétaire d’un prestigieux restaurant.

Et en effet, il se rappela avoir lu dans les journaux sa liquidation judiciaire qui avait à l’époque, défrayé la chronique.

L’histoire de cet homme toucha David certainement plus par son fond que par sa forme.

Lors de son malheureux récit, à aucun moment il ne blâma qui que ce soit de sa situation, sauf lui-même.

À aucun moment, il ne manqua de respect à son ex-femme.

À aucun moment, il ne se positionna en victime.

Lebon fut profondément impressionné parce que cet homme n’essaya jamais de se trouver des excuses.

Au fil de la conversation, le moral de son interlocuteur ne cessait d’ailleurs de s’améliorer.

Aussi, David eut une idée.

Un plan qui pourrait peut-être lui permettre de retrouver définitivement sa dignité perdue.

Il lui avoua avec sincérité :

« J’ai écouté votre histoire avec attention, mais je suis désolé de vous dire que je ne suis pas en mesure de vous aider. »
« Mais », ajouta-t-il : « Je connais un homme qui peut vous secourir, s’il le veut bien. Je vous présenterai à lui, si vous le désirez. »

Les deux hommes repus quittèrent la brasserie pour se diriger vers le nouveau Luna Park.

À cette heure si matinale, le lieu était fermé, mais David connaissait bien le gardien.

Ce dernier lui remit un trousseau de clés puis retourna à la lecture de son journal.

David guida son compagnon en guenilles parmi les différents stands avant de contourner un baraquement pour ouvrir une porte arrière.

Les deux hommes pénétrèrent dans une grande pièce sombre. David actionna le tableau électrique pour avoir de la lumière.

L’espace ressemblait à un garde-meuble où chaque objet était recouvert par de larges draps blancs.

Lebon demanda à l’homme de se placer en particulier devant une haute et imposante forme rectangulaire.

Il tira subitement le drap pour faire apparaître un immense miroir où le sans-abri se vit de plein pied.

Pointant le doigt en direction de l’homme dans la glace, il lui dit :

« Voici la personne qui peut vous aider. Elle est la seule qui puisse le faire et tant que vous ne la connaîtrez pas mieux, tant que vous n’apprendrez pas à compter sur elle, vous ne réussirez pas à sortir de cette malheureuse situation dans laquelle vous êtes actuellement. »

L’homme en guenilles s’approcha du miroir, se regarda attentivement en se frottant le visage comme s’il découvrait son reflet pour la première fois.

Il se tourna vers son bienfaiteur et lui dit :

« Je vois ce que vous voulez dire. Vous ne m’avez pas ménagé et je vous en remercie. Vous venez de me sauver une seconde fois la vie. »

Ensuite les deux hommes se quittèrent.

David Lebon ne revit jamais l’homme du pont.

 

Cinq années passèrent.

 

Un matin, alors que sa secrétaire lui amena son courrier, une enveloppe blanche et dorée attira l’attention de l’homme d’affaires.

Il était inscrit dessus en belles lettres capitales :

 

Pour Monsieur David Lebon

 

C’était une invitation qui le conviait à l’ouverture de « Aux saveurs Gourmandes », un nouveau restaurant huppé en ville dont la presse spécialisée ne tarissait pas d’éloges.

Curieux, David se rendit sur place à l’heure du déjeuner.

Un maître d’hôtel le reçut avec courtoisie et lui indiqua aussitôt une table privée.

À peine installé, un homme avenant et élégamment vêtu le rejoignit.

Lebon ne le reconnut pas tout de suite, le sans-abri de l’époque s’étant comme métamorphosé.

Il prit place à ses côtés et durant la dégustation de délicieux mets, il lui conta sa renaissance après l’épisode du Luna Park.

Il trouva de nouveaux vêtements à l’Armée du salut pour s’habiller proprement.

Il obtint ensuite un travail en tant que maître d’hôtel dans un restaurant semblable à celui qu’il avait anciennement possédé.

Et le hasard lui avait fait rencontrer un vieil ami qui avait réussi dans les affaires et qui cherchait de nouveaux investissements.

Il le persuada de lui prêter les fonds pour racheter l’endroit où il officiait.

Aujourd’hui, « Aux Saveurs Gourmandes » est un des restaurants les plus côtés de la région, faisant ainsi la fortune de son propriétaire.

 

Mais le sans-abri d’hier fut encore plus riche d’une découverte.

 

Celle de la puissance de son esprit et les moyens utilisés par ses pensées constructives et positives qui lui permirent d’attirer à son tour, succès et prospérité.

 

Commentaires

  1. diane heon

    Merci pour cet merveilleuse histoire vécu que de vrais et pleine des-poire bonne journée je partage :-)

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Diane,
      Je ne connaissais pas cette expression :)

  2. Salut Jean-Charles,
    Merci pour cette histoire intéressante.
    L’exercice de miroir a fait son effet, il a permet de changer l’image interne que le monsieur avait avant.

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Younes,

      Oui, l’image que nous avons de nous-mêmes est très déterminante. Elle est la cause de l’échec ou de l’aboutissement d’un succès.
      Tout dépend de ce que l’on pense.

  3. Encore une belle histoire Jean Charles ! Croire en soi, cultiver des pensées positives et se sentir bien, heureux, motivé, enthousiaste par rapport à la vie amène le succès et le bonheur.
    Cette histoire illustre le propos avec brio !
    Merci pour ces belles histoires qui reboustent la confiance et aident à prsévérer pour réussir.

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Patricia,
      C’est toujours un plaisir ;)

  4. Merci pour cette belle histoire qui redonne la confiance en soi dans les moments difficiles

    • Jean-Charles Dimier

      Merci à toi Jean-Yves :)

  5. Superbe histoire Jean-Charles, merci! Je suis assez d’accord il n’y a que nous qui puissions nous aider, les autres peuvent être des soutiens mais on ne peut pas se reposer sur eux en permanence.

    Marina

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Marina,

      Aide toi, le ciel t’aidera, c’est bien connu.
      Cela-dit, tu as raison, il est aussi important de pouvoir compter sur des alliés, sans trop leur en demander non plus.
      Car bien souvent, notre plus grand ennemi, c’est nous-mêmes.

  6. Bonjour Jean-Charles,
    Quelle belle histoire ! Merci
    Prendre la responsabilité de sa vie. Autant des bons moments que des moins bons.
    Même si parfois, nous n’avons pas beaucoup de contrôle sur notre vie, nous avons encore le contrôle sur notre façon d’appréhender les choses. Tout vient de l’intérieur.
    A méditer !
    Très belle journée ensoleillée
    Corinne

    • Jean-Charles Dimier

      Super commentaire, merci Corinne :)

  7. Belle histoire, pleine d’espoir, surtout pour un amateur de décoration d’intérieur comme moi !

  8. Je ne connaissais pas ce site, c’est une super découverte, merci !

    • Jean-Charles

      Merci Isabelle :)

  9. Bonjour Jean-Charles, j’ai beaucoup aimé ta façon de présenter ces livres que je connais déjà. Et vous avez raison dans le sens ou il n’y a que nous qui puissions nous aider.
    Merci pour ces points de vues, à très bientôt
    Ambre

    • Jean-Charles

      Merci Ambre.

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