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Succesrama | May 1, 2017

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L’histoire de l’homme pressé …

L’histoire se déroule dans une région du Japon, à l’époque médiévale.

Hiro, est un jeune homme malheureux. Il vient d’être renvoyé de son école d’arts martiaux à cause de ses résultats médiocres. Renié par son maître d’arme qui est aussi son père et ses autres frères, Hiro est désespéré jusqu’au moment où il entend parler de Kenoudo. Un grand maître qui vit dans une sorte de monastère au-delà des montagnes. On raconte que les techniques pratiquées chez lui, sont uniques.

Il décide de faire le voyage pour devenir son disciple.

Arrivé devant le maître, le jeune homme le sollicite aussitôt pour son enseignement. Mais Kenoudo lui confirme le jugement des professeurs de son école :

- « Tu n’es pas fait pour la pratique des arts martiaux, rentre chez toi. »

Effondré, Hiro le supplie de lui donner au moins une chance :

- « Mais si je travaille très dur, en combien de temps pourrais-je devenir un maître comme vous . »

- « Tout le reste de ta vie »  lui rétorque Kenoudo.

- « Mais je n’ai pas le temps d’attendre aussi longtemps » s’impatiente Hiro, dont l’attitude présage plus une soif de reconnaissance qu’autre chose.

« Et si je m’entraîne du matin au soir, sans interruption, puis-je espérer suivre votre enseignement ? » essaie-t-il à nouveau

Kenoudo lui répond alors : « Peut-être que cela prendra 10 ans. »

- « Mais ma famille m’attend et je dois leur prouver ma valeur avant qu’il ne m’oublie. Et en travaillant vraiment intensément ? »

- « Peut-être que cela prendra 30 ans. »

Complètement déconcerté, Hiro se met en colère croyant que Kenoudo se moque de lui :

- « Quoi ? Vous me dites 10 ans et maintenant 30 ans, mais qu’est-ce que cela veut dire ? »

Mais devant l’impassibilité de son interlocuteur le jeune homme pressé comprend alors son erreur.

- « Très bien abdique, Hiro, je suis prêt à accepter n’importe quoi pour maitriser votre art dans le laps de temps qu’il faudra ».

- « Bien, dans ce cas, tu devras rester ici 70 ans, un homme aussi pressé d’obtenir des résultats, n’apprend guère rapidement », lui explique finalement le maître des lieux.

Comprenant enfin qu’il était blâmé par son impatience, Hiro accepta de devenir son serviteur.

Il  fut demandé à Hiro de ne plus parler d’arts martiaux. Au lieu de cela, il prépara les repas de Kenoudo, lui fit son ménage, s’occupa de son jardin. Or le temps passa et à aucun moment il ne put apprendre quoi que ce soit. Il n’était même pas autorisé à regarder les autres élèves s’entraîner.

Trois années passèrent.

Hiro, travaillant toujours à ses tâches fastidieuses du quotidien, ruminait sur son triste sort. Lui qui voulait consacrer sa vie à l’art du combat, il était tombé bien bas en acceptant le rôle peu glorieux de domestique au sein du sanctuaire.

Puis un jour, pendant qu’il préparait le repas, Kenoudo se glissa derrière lui discrètement et lui asséna un terrible coup de boken (sabre de bois). Le jour d’après, alors qu’il balayait le tatamis, le maître l’attaqua encore d’une façon inattendue.

A compté  de ce jour Hiro dut se défendre jour et nuit pour contrer les attaques surprises de Kenoudo.

Dorénavant toujours sur le qui-vive, il devait être sur ses gardes afin d’éviter les coups de boken. Il développa très vite une rapidité, une concentration qui mirent tous ses sens constamment en alerte. Il acquit ainsi une sorte de sixième sens qui lui permit d’anticiper les offensives de Kenoudo.

Jusqu’au jour, un peu moins de dix ans après son arrivée, le maître du sanctuaire le convoqua solennellement pour lui annoncer qu’il n’avait plus rien à lui apprendre.

« L’impatience – en n’importe quoi – est toujours signe de faiblesse. » (Swâmi Râmdâs)

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