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Succesrama | May 1, 2017

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16 Comments

Paul Galvin (1895-1959) ou la persévérance du fondateur de Motorola

Paul Galvin (1895-1959) ou la persévérance du fondateur de Motorola
Jean-Charles

 

« Tout échec porte en soi le germe de la réussite » selon Napoléon Hill.

Ce n’est pas Paul Galvin, fondateur de Motorola qui pourrait dire le contraire.

Sa carrière fut une succession d’échecs, avant de faire enfin décoller son entreprise.

Tirer des leçons de ses erreurs passées lui furent salutaires afin d’atteindre la réussite.

Toutefois, sa détermination fut mise à rudes épreuves, mais jamais il ne lâcha l’affaire.

Obstination de forcené ou acharnement démesuré ?

Il n’empêche qu’il se forgea une persévérance inébranlable qui finira par payer au bout de … vingt ans !

C’est justement durant la première grande guerre – il fut officier d’artillerie en France – qu’il apprit la loyauté et la ténacité avec ses frères d’armes.

Une ténacité qui affrontera un premier échec, au alentour de 1923, en se lançant dans les affaires.

 

Tirer les leçons de ses échecs …

 

Ce retour à la vie civile sera en quelque sorte un autre chemin tout aussi tortueux, puisque jalonné d’une multitude de déboires.

En 1926, ruiné, il essaie tant bien que mal de faire vivoter sa famille en se lançant à nouveau dans une nouvelle entreprise de batteries.

Malheureusement, un défaut dans la chaîne de fabrication provoque une nouvelle fois un fiasco.

Pourtant, notre entrepreneur n’abandonne pas pour autant.

Il tâche de résoudre ce problème technique avec un ingénieur en mettant au point un convertisseur qui permet à des radios à piles de fonctionner sur le secteur.

La bonne nouvelle est que le gérant en chef du rayon radio de la grande chaîne de magasin Sears, intéressé par son invention, lui passe une grosse commande.

Paul, enthousiaste rachète aux enchères pour 750 dollars son outil de production et se remet en selle, en vivant pour ainsi dire, au jour le jour.

Il s’installe dans un local avec cinq salariés dont il ne peut même pas assurer salaire et loyer du mois suivant.

Il produit néanmoins ses convertisseurs et fabrique des radios comme sous-traitant pour des clients qui y apposent ensuite leur marque.

Son chiffre d’affaires devient enfin conséquent et en été 1929, des bénéfices pointent le bout de leur nez.

Malheureusement, le terrible et tristement célèbre krach boursier d’octobre de la même année lui fait perdre tous ses clients.

Il est à nouveau acculé à la faillite.

 

« "Ne pas avoir peur de commettre des erreurs, car elles enseignent la sagesse." »


 

La naissance de Motorola

 

Miné par la fatalité des évènements, il écoute cependant les conseils d’un fournisseur qui attire son attention sur le marché émergent des autoradios.

Regonflé à bloc, il pressent une opportunité à saisir dans ce domaine.

Il conçoit dans un temps record un prototype, avec comme date butoir, la Convention des constructeurs de radios d’Atlantique City, le 30 juin 1930.

La veille, il installe le modèle à peine opérationnel dans sa propre voiture.

Et c’est un succès.

Il quitte la Convention avec son carnet de commande plein à craquer.

Mais cette fois, il arrête la sous-traitance au bénéfice de sa propre marque qu’il crée pour l’occasion : Motorola.

Toutefois, la firme connait des difficultés suite à une série de modèles défectueux qui plombe sa trésorerie.

L’ombre de la récession planant encore, Motorola brade ses stocks pour éviter la banqueroute.

Paul Galvin, une fois de plus un genou à terre, ne s’avoue toujours pas vaincu pour autant.

Il conçoit dans un dernier élan de créativité, des récepteurs pour les voitures de police, mais surtout invente pour l’armée le mode de communication mobile.

En d’autres termes, le talkie-Walkie était né.

A cette époque, la réception du son, alliée à l’image bouleverse la diffusion de l’information, avec l’apparition de la télévision.

Paul aiguille ses équipes techniques sur ce nouveau concept révolutionnaire.

Et dès 1941, cette incursion dans les télécommunications va se révéler extrêmement payante.

Motorola touche le grand public en 1950 avec la création de premiers téléviseurs.

En 1947, son poste vendu à 179,95 dollars défiant toute concurrence, est une réussite totale et lance définitivement la firme sur le marché américain de l’audiovisuel.

L’entreprise devient enfin une firme à succès qui engrange des bénéfices.

Paul Galvin, conscient de ses échecs passés, structure et réorganise son entreprise avant de laisser les rênes à son fils.

Il décède à l’âge de 64 ans, sans savoir que Motorola deviendra par la suite une pointure dans son marché, avec notamment les communications des missions lunaires.

La firme présentera également le premier radiotéléphone cellulaire en 1973, soit quatorze ans après sa mort, qui n’est rien d’autre que l’ancêtre de nos téléphones portables.

 

« Paul Galvin conçoit des récepteurs radio pour les voitures de police. »

 

La défaite nous rend-elle plus fort ?

Dans les moments difficiles, Paul Galvin se répétait souvent que personne ne pouvait faire fortune sans rencontrer l’échec sur sa route.

Et dans ce cas de figure, cela prouvait que la stratégie était défectueuse.

Il fallait l’accepter et recommencer en gardant toujours en tête la conquête du but tant convoité.

La persévérance et la sagesse de Paul Galvin aura certes, été mis à rude épreuve, mais le fondateur de Motorola appliqua une chose essentielle dans sa ligne de conduite :

Un lâcheur ne gagne jamais et un vainqueur n’abandonne jamais.

 

Les leçons de son succès :

 

* L’innovation est le résultat d’une succession d’essais et d’erreurs, or le succès ne peut provenir qu’après une série d’erreurs
* La conviction que l’entreprise surmontera les difficultés est une des qualités des grands leaders.

 

Commentaires

  1. Les échecs nous rendent plus forts surtout si on a pris le soin et le temps de les analyser pour en tirer les leçons ! Ce qui n’est pas souvent le cas car l’échec fait fuir !

    Nos mauvaises habitudes face à l’échec :

    - ne plus y penser
    - se déresponsabiliser : c’est la faut de …
    - se traiter de nul

    donc oui ….derrière un échec se profile un succès si on s’y prend bien !

    Pour ceux qui réussissent , le mot échec n’existe pas. Ils parlent plutôt de feed-back, informations, résultats qui vont les aider à se propulser encore plus haut, plus loin , plus fort !

    Maintenant un échec peut nous amener à nous poser la question ( surtout si échec récurent) : est-ce bien ce chemin que je veux suivre ?

    A bientôt et merci pour cette réflexion sur un sujet tabou.
    En ce moment je la mène avec les étudiants avec lesquels je travaille.

    Karine
    Ecole du bien etre Articles récents..Comment lutter contre le blues automnal ?My Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Karine,

      Je crois que l’échec est à l’ombre ce que le succès est à la lumière. L’un ne va pas sans l’autre.
      Il ne faut pas le nier, tu as raison.
      Bien sûr, on aimerait tous accéder au succès… immédiatement.
      Mais ça ne marche pas comme ça.
      La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais permanent.
      A condition de l’accepter et ensuite d’agir en conséquence pour rectifier le tir.
      Maintenant, il peut aussi tester notre endurance et le mettre à rude épreuve.

      Enfin, l’histoire de Paul Galvin et bien d’autres nous prouvent que cela vaut la peine de s’accrocher pour réaliser les objectifs qui nous tiennent à coeur.

      Sinon, quoi faire d’autre ?

      En tout cas, merci pour ta réflexion.

      À l’occasion, pourrais-tu me faire part des conclusions que tu obtiens sur l’échec avec ton groupe de travail, cela peut être très intéressant.

  2. Bonjour Jean-Charles,

    Avec tes articles tu aides la France et ses citoyens à comprendre que celles et ceux qui ont choisi ce parcours ont du fil à retordre et sont éprouvés sur un bon nombre de qualités qu’il faut cumuler.

    En revanche en cas de défaillance ou d’échec, les administrations t’envoient des courriers qui font mal à voir et traduisent le degré d’antipathie d’une partie des concitoyens vis-à-vis des personnes qui ont le courage de voir la vie autrement. Il faut aussi être armé pour cela et c’est peut-être une idée de blog que de collecter les astuces et autres qui peuvent aider les entrepreneurs à faire face aux employés des administrations. J’ai déjà 4 blogs à gérer …. quelqu’un d’autre peut récupérer l’idée.

    A bientôt

    Emmanuelle

    • Jean-Charles Dimier

      Je suis bien d’accord avec toi Emmanuelle.
      Sortir du moule quand le succès est au rendez-vous, tu as l’impression que le monde t’appartient.
      Dans le cas contraire, notre système fiscale et la lourde machine administrative t’avale tout crue…

      Autant se préparer immédiatement à ne pas être comestible !

      Ton idée de blog est d’ailleurs excellente, mais demande néanmoins une bonne connaissance en matière de droit et autre jargon administratif.
      Souhaitons que cela puisse inspirer quelqu’un, pourquoi pas ?

  3. Extra cette histoire de Motorola :)

    Comme quoi il y a toujours de l’espoir, même quand on a l’impression d’être un « gros nul » après un gros revers :D

    • Jean-Charles Dimier

      Merci Argancel,

      C’est toujours en effet une histoire d’estime de soi.

  4. Je ne connaissais pas l’histoire de Paul Galvin.
    Intéressant et surtout plein d’enseignement.
    Un échec est un pas vers la réussite :) .

    A bientôt.
    Rémi Articles récents..Les tours de la RochelleMy Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Rémi,

      Un échec n’est jamais permanent, même si ce n’est pas toujours facile de rester « zen » quand cela arrive.
      C’est je crois, le raisonnement qu’il faut tâcher de garder à l’esprit.

  5. Bonjour Jean-Charles,

    L’échec fait partie de l’apprentissage, si tant est qu’on décide de le voir comme tel et ça n’est pas vraiment le cas dans notre culture. Combien n’ai-je vu s’abstenir ou s’auto saboter par peur d’échouer et c’est tellement dommage.
    Pourtant il suffit de lire les biographies de personnalités qui ont réussit pour voir que l’échec a un moment ou un autre fait partie de leur expérience.
    C’est toujours un plaisir de lire ce genre d’article
    merci
    Corinne

    • Jean-Charles Dimier

      Merci Corinne,

      C’est vrai.
      Beaucoup de personnes n’osent pas entreprendre parce qu’elles redoutent en effet l’échec. Et notre machine fiscale et administrative n’aime pas les gens qui prennent des risques. Elle ne leur fait pas de cadeau… Pourtant, l’échec fait partie de l’apprentissage pour atteindre le succès. Les grandes réussites d’hier et d’aujourd’hui en sont toutes criblées.

      • Bonjour Jean-Charles,
        Juste une petite remarque concernant l’exemple que tu donnes sur le système fiscal. Je vis à l’étranger depuis quelques années et j’ai pu apprécier des systèmes fiscaux plus ou moins équivalents au notre et pourtant ça n’arrête pas les gens. Pour avoir travailler aussi en France, je voyais ceux qui perdaient leur temps à trouver des excuses à leur échec d’entreprise notamment et d’autres dont les entreprises étaient fleurissantes tournées vers leur business et faisant avec se qui est. Mieux vaut chercher des solutions qu’un coupable.

        Tu l’auras certainement remarqué, il y a une nouvelle mode, elle s’appelle la Relocalisation, les entreprises qui font le choix malgré notre système fiscal de relocaliser leur production en France… ça laisse à réfléchir.

        Se que je veux dire, c’est qu’on peut se chercher des excuses ou faire comme tous ces hommes brillants et il y en a aussi en France et entreprendre.

        • Jean-Charles Dimier

          Bonjour Corinne,

          Oui, effectivement, une grande entreprise comme Salomon, qui par exemple avait délocalisé la fabrication de ses produits en Chine, est revenue ouvrir son usine en France.
          Je partage bien entendu ton point de vue.
          D’autant qu’il y a un proverbe arabe qui dit :

          « Celui qui ne veut rien faire, cherche des excuses alors que celui qui veut réussir, trouve des solutions ».

          • Jean-Charles Dimier

            Désolé Corinne, je me suis trompé.
            Ce n’est pas Salomon, mais Rossignol :)

  6. Les Shadoks avaient une théorie à ce sujet :
    « En essayant continuellement, on finit par réussir.
    Donc : plus ça rate, plus on a de chance que ça marche. »
    Merci pour cet article !

    Christophe
    Christophe Mongrédien Articles récents..Carte du lundi #011 – Kindle ou Kobo ?My Profile

    • Jean-Charles Dimier

      Bonjour Christophe,

      Ah, ah, excellent ! J’entends encore la voix si familière de Claude Piéplu :)

  7. Intéressant de voir comment avec 750 dollars on peu avec la force de la conviction et de l’acharnement construire un empire valant plusieurs milliard de dollars !

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