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Succesrama | 15 décembre 2019

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PAUL HARRIS : Le Crâne de Cristal (5)

PAUL HARRIS : Le Crâne de Cristal (5)
Jean-Charles

Illustration : © Ciro Tota

 

 

 

 

 

Précédemment dans : « Paul Harris – Le Crâne de Cristal » (3) et (4) * Chapitres 6 à 9 *
Menant ses propres investigations dans l’espoir de retrouver son père disparu, Paul prépare avec l’aide de ses amis, une escapade dans l’immense surface boisée.
Il découvre dans d’étrange circonstance, la réplique exacte d’un crâne humain en cristal d’une perfection absolue.
Paul est loin de se douter que son existence en sera à jamais bouleversée…

 

 

 

PAUL HARRIS

– Le Crâne de Cristal –

( Chapitres 10, 11 )

 

 

Chapitre 10. Maître Kî

 

 

L’homme aux longs cheveux noirs et l’aigle apparurent sur le « Téléportant » dont ils quittèrent le plateau de pierre gradué. Il huma l’air frais et parfumé de la végétation qui l’entourait, tandis que l’immense aigle déploya ses grandes ailes et s’envola avec un cri de satisfaction, dans un ciel où cohabitaient deux astres lunaires de tailles différentes.
Yanis sourit à l’attention du rapace et prit la direction d’un sentier qui longeait une colline boisée. Il était de retour sur son territoire d’origine : Askoba. Un monde parallèle à la dimension terrestre dont les vastes étendues sauvages abritaient de nombreuses peuplades aussi insolites qu’hétéroclites.
Dans un cadre montagneux s’élevait un grand temple ovale, constitué de plusieurs bâtiments dont certains étaient bâtis à même la roche.
À proximité, une gigantesque chute d’eau se jetait dans un splendide lagon en contrebas. Sous l’effet du soleil, des reflets argentés lui donnaient l’apparence d’un vaste miroir. Différents îlots flottaient au large, reliés entre eux par diverses passerelles.
Au loin, on pouvait également apercevoir la grande cité d’Irindil érigée en bord de mer. Une imposante statue représentait la déesse du même nom, défiant l’horizon.
Sur les berges bâties de pierres arrondies, la vie d’un petit village s’animait. Constitué principalement de pêcheurs et d’artisans, l’endroit était aussi connu pour le Sanctuaire. Un lieu qui abritait une véritable institution vouée à la connaissance et aux arts martiaux, tenu entre autres par le vénérable Maître Kî. Cet endroit célèbre et réputé formait l’élite des combattants : Les Minestrielles. De grands esprits composaient aussi cette caste dont la mission était de défendre la Déesse Irindil, souveraine protectrice d’Askoba.
Si l’harmonie régnait actuellement sur ce monde, une page sombre de son histoire concernait principalement la tragique disparition de cette divinité emblématique, symbole, aujourd’hui encore, de résistance et de liberté, lors de son combat contre les forces du mal.
Pour l’heure, un groupe d’apprentis s’agitaient dans l’enceinte du temple lorsque l’un d’eux, habillé d’une sorte de kimono ocre et blanc, monta les escaliers avec hâte. Il pénétra dans un grand corridor et ralentit ses pas au moment de passer sous une grande arche qui donnait directement dans un décor spacieux, circulaire et lumineux.
Au centre, il y avait un arbre somptueux qui ressemblait au premier abord à un chêne. Alimentée par un effet d’optique, la salle donnait l’impression d’être à ciel ouvert. Une grande fontaine berçait de ses clapotis ce lieu plutôt insolite où régnait une intense quiétude.
Le disciple traversa cette pièce pour s’arrêter devant un autel, placé au pied de l’arbre. Sans savoir où poser réellement son regard, il annonça avec prudence :
— Maître Kî ? Yanis demande à vous voir.
Aussitôt, un vieil homme de très petite taille se plaça à côté du messager, surpris par sa soudaine apparition.
— Merci, mon jeune ami.
Sa chevelure blanche et épaisse, coupée en carré, donnait à l’ensemble de son visage imberbe, marqué par les stigmates du temps, une forme bienveillante. Deux grands yeux aux pupilles délavées indiquaient également sa cécité. Il portait une tunique aux tons gris foncé et gris clair. Il émanait de sa personne une incroyable présence. L’élève s’inclina doucement les deux mains jointes, mais avant de quitter la salle, le vieillard fit la réflexion suivante :
— Tu devrais aller voir Érable, notre préparateur de potion curative pour soigner ta joue tuméfiée. Lors des entraînements, concentre-toi davantage pour anticiper les coups de ton adversaire afin de pouvoir les éviter.
Le disciple fut stupéfait par cette remarque et promit de corriger la rapidité de ses esquives. En sortant, il fit signe à l’homme qui attendait. Ce dernier hocha la tête en guise de remerciement avant de traverser la salle. Le visiteur, habillé sommairement d’un complet beige clair au col Mao, rejoignit le vieil homme. Une superbe chevelure noire lui recouvrait entièrement le dos jusqu’à la taille. Une grande frange laissait apparaître de profonds yeux noirs sur un visage hâlé aux traits fins, presque féminins.
— Maître Kî, dit-il, en s’inclinant.
— Yanis ! Enfin ! Comment te sens-tu ?
— Bien.
— Tant mieux.
— Cependant, les nouvelles ne sont pas très bonnes. Du côté de « La Brèche », les choses s’agitent. Des Lézians sont parvenus à traverser la zone terrestre et m’ont tendu un piège.
— Ce que nous craignons depuis quelque temps est en train d’arriver. Depuis son évasion des « Limbes », Malock rassemble ses fidèles. Dans la dimension terrestre, le « Polaris » est en danger. Les « Négaris » principaux apôtres de l’Énergie Noire, ont certainement envoyé d’autres Lézians à sa recherche.
— Je dois le trouver avant eux. D’autant que quatre balises sont apparues sur Terre, précisément dans la région de Shelton Hill. Elles ont détecté quelque chose, certainement l’endroit où se trouve le crâne.
— Malgré nos précautions, ils t’ont localisé et ils espèrent le récupérer !
— Il faut impérativement les devancer.
— Nous nous sommes tous préparés à cette éventualité. Toi, peut-être plus que quiconque. Tu connais l’importance des enjeux.
Yanis resta silencieux.
— Soigne d’abord ton bras, avant que le venin ne meurtrisse ta chair.
— J’ai déjà appliqué une potion à base de plantes adéquates. La prochaine fois, je serai plus vigilant.
— Nous le serons tous désormais. Des jours sombres s’annoncent.
Le vieil homme continua plus inquiet encore :
— Même ici, au Sanctuaire, nous devons redoubler de prudence. Je vais immédiatement prendre des dispositions d’urgence et consulter Saveron. Son savoir et son expérience nous seront très précieux.
— Saveron… le « Rugissants » ?
— Il vit reclus dans « La Forêt des Sémaphores ». Il est le dernier porte-parole de sa lignée depuis le génocide de son peuple. Or la réunion du prochain « Grand Conseil » est imminente. Les blessures issues des grandes guerres d’antan n’ont pas toutes été cicatrisées, mais l’équilibre des « Plurinivers », regroupant diverses autres civilisations, est en jeu. Cela concerne aussi bien tous les peuples d’Askoba, la dimension terrestre, que les « Luminors », même si ces derniers ne se sont plus manifestés depuis très longtemps.
À l’évocation des « Luminors », Yanis resta impassible. Il savait au fond peu de choses sur ses êtres soi-disant immortels. On les nommait ainsi parce qu’ils dégageaient une aura particulière comme si une douce lumière les entourait en permanence. Leur beauté angélique fascinait plus d’un mortel, mais c’était surtout leurs grandes ailes déployées dans le dos, semblables à celles des anges – à la seule différence qu’ils étaient sexués – qui leur donnaient cet aspect divin. Durant les grands conflits, ils se montrèrent nobles, omnipotents et infatigables. Pourtant, certains affichèrent quelques faiblesses comme l’orgueil ou encore l’aveuglement. Seuls les Rugissants, Saveron en tête, n’étaient pas particulièrement impressionnés par l’apparence de ces créatures célestes. Au contraire, ils les trouvaient arrogantes et prétentieuses, même s’ils reconnaissaient leur efficacité sur un champ de bataille.
— Mes craintes se confirment donc, dit Yanis sur le ton presque d’une confidence. Les Lézians ne sont que des émissaires. Malock leur a donné la faculté de traverser la dimension terrestre. Il a su s’organiser avec rapidité et efficacité.
— Les Négaris préparent et attendent le retour de leur leader depuis toujours. Il ne fait aucun doute qu’ils se sont procurés du « Calicium ». Comment ? Je suppose qu’il existe une réserve quelque part. À moins qu’il ne soit… à nouveau cultivé.
— Cette épice rare stimule les facultés psychiques du cerveau de tout individu organique en le poussant au maximum de ses capacités. Néanmoins, ce puissant stimulant comporte des inconvénients majeurs. Tout d’abord, il provoque de néfastes effets secondaires. L’absorption de fortes doses engendre la dégénérescence des cellules, entraînant ainsi la folie puis la mort.
— Mais associé avec un terreau constitué de « Zalt », ces terribles conséquences disparaissent, faisant de cet aliment le plus prisé de tous, mais à quel prix ! La culture intensive du Calicium avec ou sans Zalt dégrade aussi les sols, déplora Maître Kî. Au bout d’un certain temps, les racines nocives empoisonnent le terrain exploité qui devient définitivement une terre morte.
— D’où sa rareté aujourd’hui, précisa Yanis. Quels que soient les alliés de Malock, dopés au Calicium, sa survie des Limbes reste tout de même un sacré tour de force, autant que son retour. On ne sort pas indemne d’un tel endroit.
— Il y a autre chose derrière le retour de Malock, suggéra Kî. Car tu as raison, personne ne s’échappe des Limbes. En tout cas, personne avant lui ! Errer dans un tel purgatoire est une condamnation bien pire que la mort. Malgré sa déficience actuelle, son esprit sert l’Énergie Noire. Ses serviteurs, aussi discrets soient-ils, attendent le bon moment pour prendre leur revanche. Or l’émergence du crâne aux pouvoirs tant convoités semblerait une motivation suffisante, d’autant que les balises envoyées par les Négaris dans toutes les dimensions possibles n’avaient rien détecté depuis très longtemps. Mais la clé réside chez un Polaris. Sans lui, cette relique, réceptacle de toutes les connaissances universelles, reste un objet inerte.
— D’anciens textes évoquent l’héritage des « Solaris ». Une légende ancestrale conte l’apogée et la chute de cette grande civilisation d’un autre espace-temps ? Est-ce bien de cela dont il est question ?
— Si beaucoup considèrent l’histoire des Solaris comme un mythe, elle fut surtout une véritable tragédie. Dans l’immédiat, nous devons récupérer le crâne et protéger le Polaris avant que les Négaris envoient une nouvelle horde de Lézians sur terre. L’héritage des Solaris comme tu l’as dit toi-même est sauvegardé dans cette relique. Utilisé à mauvais escient, je n’ose à peine imaginer les conséquences.
Yanis perçut pourtant une nouvelle appréhension dans l’expression de son interlocuteur.
— Depuis la nuit des temps, c’est un combat perpétuel entre le bien et le mal. Mais les ténèbres espèrent toujours prendre leur prédominance sur la lumière, c’est un cycle sans fin. En être conscient est un avantage que nous devons employer pour repousser ses assauts.
Le vieil homme marqua une nouvelle pause puis ajouta :
— Je sens pourtant une présence. Elle tire les ficelles et observe. Et cela m’inquiète autant que le retour de Malock.
L’homme à la chevelure noire n’avait encore jamais vu Kî aussi préoccupé.
— Guide le Polaris jusqu’ici, Yanis, en espérant que les sbires de cette ombre ne soient pas encore à ses trousses. De mon côté, je vais me rendre dans la tanière de Saveron. Nous devrons agir avec prudence et discrétion, tant que nous n’aurons pas identifié la menace qui plane au-dessus de nous. Ensuite, nous ferons part de nos investigations au Grand Conseil lors de sa réunion. Bonne chance à toi mon ami : « Que la lumière d’Irindil t’accompagne. » Rendez-vous dans quelques lunes ici même, au Sanctuaire.
Yanis s’inclina :
— Je reviendrai avec le Polaris et le crâne, quoi qu’il m’en coûte. Soyez extrêmement prudent également Maître Kî.
L’homme aux longs cheveux noirs prit congé de son mentor.

 

 

Chapitre 11. La lettre

 

 

En dépit de sa deuxième activité, en tant que serveuse « Chez Sally » et diverses aides sociales, Élodie empilait les factures impayées. Les économies de son couple fondaient comme des glaçons au soleil. La jeune femme accumulait fatigue, stress et la culpabilité commençait également à la ronger. Comment élever ses enfants correctement dans de telles conditions ? Le poison de ses beaux-parents semblait agir de façon redoutable.
Elle s’effondra quand elle ouvrit une missive du tribunal qui la convoquait le mois suivant chez un juge pour enfant. Le clan Harris ne perdait pas de temps à exécuter leur menace. Élodie glissa lentement jusqu’au sol, le dos contre le mur de la cuisine, en froissant nerveusement la lettre nocive. Recroquevillée sur elle-même, la jeune femme tenait ses genoux serrés contre sa poitrine. Des larmes se mirent à couler sur son visage.
« Où es-tu Mathieu ? Si tu m’entends, je t’en supplie, reviens, ne me laisse pas ainsi. »
Elle parlait dans le vide d’une voix étranglée, en s’imaginant qu’il entendrait son message et qu’il réapparaîtrait comme par enchantement. Seul le clapotis du robinet de l’évier qui fuyait fit écho à sa complainte. Puis elle repensait à ce que lui avait dit Emma. Partir avec Paul et Manon, le temps d’un week-end leur ferait le plus grand bien.
Depuis la mort de sa tante, il y a tout juste deux ans, elle n’avait plus de famille. Mais une amie du conservatoire avec qui elle était restée en contact, lui avait proposé une invitation dans sa nouvelle et grande demeure dans l’état du Minnesota, près des Grands Lacs. Cela faisait à peine trois heures de route depuis Shelton Hill. Un changement de décor leur ferait le plus grand bien. Et puis, « Chez Sally », le snack routier où elle accumulait les heures, en plus de ses cours de piano, fermait durant une semaine pour rénovation.
Sur un coup de tête, elle contacta son amie qui fut ravie de l’accueillir, malgré cette décision impromptue. Elle avait un fils qui devait avoir plus ou moins le même âge que Paul. C’était l’occasion qu’ils puissent enfin faire connaissance. Elle prépara en vitesse ses affaires et celles de ses enfants avant de partir. En fait, Élodie voulait leur faire la surprise en allant les chercher directement à la médiathèque, aménagée aux horaires d’été. Elle prépara également des sandwichs pour le déjeuner. Elle ferma la maison, chargea le 4X4 de feu son époux et partit.

*

Paul et Manon furent au début surpris, mais finalement, ils adoptèrent très vite ce petit voyage improvisé par leur mère. Cependant, Élodie ne leur parla pas de la convocation du tribunal ni des mauvaises intentions des Harris. Bien qu’elle ne sous-estimât pas l’intelligence de son fils, il se doutait bien de quelque chose. Elle voulait justement profiter du week-end pour lui expliquer l’ultimatum évoqué par ses grands-parents. Malgré son âge, Paul avait parfois des idées étonnantes, et peut-être trouveraient-ils ensemble une solution.
Après deux heures de route, ils firent une pause déjeuner dans un relais routier. Élodie étant une très belle femme, certains clients se retournèrent sur son passage dont un policier qui la salua, en sortant du restaurant, avant d’entrer dans son véhicule de patrouille. Son fils ne manqua pas de taquiner sa mère sous les rires de Manon qui traînait toujours son petit alligator fétiche en peluche avec elle.
Cette pause terminée, ils reprirent la route. Dans un compartiment du tableau de bord, Paul trouva plusieurs compiles de CD où étaient gravées différentes compositions d’Élodie qu’elle avait enregistrées au piano avec quelques arrangements effectués à l’aide d’un logiciel. Il se rappela avec tristesse que son père était un grand fan des musiques de sa mère.
Dans son rétroviseur, Élodie regardait avec tendresse sa fille qui s’était endormie, enlaçant son doudou. Elle fronça les sourcils quand une voiture de police fit son apparition derrière eux. Soudain, ses gyrophares s’allumèrent, envoyant des lueurs rouges qui contrastaient avec le crépuscule qui tombait peu à peu. Que me veut-il ? pensa la jeune femme, d’autant qu’ils étaient proches de la maison de son amie. Elle regarda immédiatement son compteur de vitesse, mais il ne lui semblait pas qu’elle avait fait un quelconque excès. Elle vérifia si la ceinture de son fils était bien fixée. Bizarre !
Toujours est-il qu’elle ralentit en espérant que la voiture de patrouille les dépasse. Or elle ralentit aussi. Ce qui signifiait qu’elle devait se ranger sur le bas-côté de la chaussée. Le coin était désert. Ils avaient croisé peu de véhicules depuis leur pause déjeuner et plus loin, la route était coupée par une voie de chemin de fer.
Le 4×4 arrêté, le policier sortit de sa voiture en prenant son temps. Ses pas écrasant le gravier indiquaient sa progression jusqu’au moment où il arriva à la hauteur d’Élodie. Elle baissa légèrement sa vitre. Elle reconnut immédiatement l’agent qui l’avait saluée au relais routier.
— Bonsoir, Madame, puis-je avoir les papiers du véhicule, s’il vous plaît ?
Paul ouvrit la boîte à gants et les tendit à sa mère qui les donna à son tour au policier. Bien que le jour déclinât, il avait toujours ses lunettes de soleil. Ce qui lui donnait un air impassible. Il leur dit finalement :
— Vous savez que vous allez quitter le territoire canadien d’ici peu ?
— Oui, nous allons chez une amie qui habite dans le Minnesota pour le week-end, répondit Élodie qui avait un mauvais pressentiment.
— Je vérifie et je reviens.
Il emporta les papiers du véhicule et retourna à sa voiture.
— Bon sang, mais qu’est-ce qu’il veut, s’énerva Paul. Il croit qu’on a braqué le snack ou quoi ?
Cela fit rire sa sœur qui s’était réveillée entre-temps.
— Je ne sais pas, répondit sa mère inquiète, mais ce déploiement de zèle ne laisse présager rien de bon.
On entendait au loin les battements massifs et réguliers d’un convoi de marchandises qui arrivait. D’instinct Élodie avait la main sur le démarreur. Quand le policier revint, il ne lui rendit pas ses papiers et la somma de sortir du véhicule.
— Mais enfin pour quelle raison ? protesta-t-elle.
— Vous n’êtes pas autorisée à quitter le territoire canadien. Un autre véhicule est en route pour venir chercher vos enfants.
— Quoi ? C’est une plaisanterie ? Vous vous foutez de moi ? s’écria Élodie. Puis elle comprit. C’était forcément Ferguson Harris qui était derrière tout ça.
— Sortez du véhicule, Madame s’impatienta le policier.
Manon ne riait plus et commençait à sangloter. Quant à Paul, avant qu’il n’ait pu dire quoi que ce soit, sa mère démarra en trombe le 4X4 à la grande surprise du policier qui tomba à la renverse.
« Espèce d’immonde vieille crapule, tu veux la jouer comme ça, hé bien je ne vais pas te faciliter la tâche » pesta-t-elle contre son beau-père.
Elle écrasa la pédale d’accélérateur sachant très bien que l’autre flic allait les prendre en chasse. Elle fut à quelques mètres du passage à niveau qui clignota, signalant l’arrivée imminente du train. Les palissades commencèrent à pivoter. Élodie prise d’une rage intense continuait d’accélérer au lieu de ralentir et passa de justesse avant que les barrières ne soient définitivement positionnées à l’horizontale. Elle jeta un coup d’œil à son rétroviseur pour voir la progression du sbire de Ferguson. Le véhicule de police freina brutalement pour éviter la collision avec le convoi qui maintenant traversait la route de toute sa longueur nonchalante.
Quand brusquement, Paul paniqué hurla à sa mère : « Attention au camion ! »
Élodie braqua de toutes ses forces et évita de justesse le semi-remorque qui klaxonnant plusieurs fois, serpenta pour esquiver la voiture. Mais avec la vitesse, Élodie perdit le contrôle du 4X4. Il s’emballa en faisant un tête-à-queue et après plusieurs tonneaux, finit violemment sa course contre un rocher au bord de la route.
La voiture s’était immobilisée sur le côté dans un amas de débris de verre et de carrosseries froissées. Paul, complètement sonné, était retenu par sa ceinture de sécurité. Il cligna doucement des yeux, mais sa vue commençait à se brouiller. Avant de perdre définitivement connaissance, sa dernière vision fut la peluche ensanglantée de Manon.
Au loin, le rythme lourd et saccadé du train, continuait laborieusement sa progression.

 

 

*           *           *

*

 

– Fin de l’extrait composé des onze premiers chapitres de « Paul Harris – Le Crâne de Cristal »

J’espère avoir suffisamment éveillé votre curiosité en vous incitant à connaître la suite de son histoire.
Cliquez juste en dessous, sur l’image de la couverture du livre, pour vous procurer l’intégralité du roman.

 

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