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Succesrama | December 18, 2017

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William Allen (1900-1985) ou le P-DG qui démocratisa le transport aérien …

William Allen

William Allen

William Allen devient  P-DG  de Boeing en 1945. Il dirigea la compagnie pendant vingt-sept ans.

Sa rigueur, son intégrité, son innovation et ces paris fous amenèrent la compagnie de Seattle à son apogée.

Comment ?

Suivez le guide !

 

Une situation catastrophique

 

Après la deuxième guerre mondiale, la situation de Boeing est désastreuse. La victoire des alliés supprima les commandes de Bombardier B-17 et B-29 que la firme avait fabriqué par millier depuis 1941. En conséquence, le nombre de salariés passa de 41 000 à 7 500 en l’espace de quelques mois.

Suite au brusque décès de son P-DG, la firme décide de nommer William Allen, alors présent dans la compagnie en tant que directeur  juridique depuis 1930.

Seulement, Allen ne connait absolument rien aux avions. Mais l’homme est posé, réfléchi et de surcroît, il possède un atout non négligeable dans sa manche : c’est un visionnaire.

Et pour cela, il voit grand, très grand même.

Et malgré le gouffre financier auquel il doit faire face, William relève le défi qui permettra à Boeing de rentrer définitivement dans l’histoire !

 

Un premier échec

 

Allen se retrouve avec de nombreux avions de transport sur les bras, qui sont depuis la fin de la guerre, devenus inutilisables. Il pousse ses ingénieurs à transformer ses quadrimoteurs en avions de ligne. Mais le modèle transformé possède une anomalie de taille. Ces Stratocruiser sont souvent sujet à des pannes de moteur.

Il en résulte que la vente de ces appareils ne sera pas vraiment mirobolante. Seulement 55 exemplaires s’écouleront en comparaison des 600 Douglas DC-4 et des 200 Lockeed Constellation, ses principaux concurrents.

Devant cet échec retentissant, Allen se doit de rebondir très vite.

Il lui vient une idée.

Celle de tout miser sur un nouveau concept technologique : l’avion à réaction de grande taille.

 

L’ère du Jet

 

Séduite, l’US Air Force passe commande au constructeur d’un Bombardier B-47, puis ensuite du fameux B-52, qui restera un modèle du genre durant plus de quarante ans dans l’armée américaine.

B-52

B-52

Pourtant, malgré les réticences de ses managers William décide de lancer la compagnie sur la conception d’un quadri-réacteur long-courrier. L’idée lui vient lorsqu’il assiste à la démonstration du Comet britannique, le premier avion à réaction civil.

C’est donc en 1954 que le premier B-707 effectua son premier vol. Toutefois, l’enthousiasme des compagnies aériennes est ébranlé par une série d’incidents, comme des explosions répétitives des moteurs du Comet, mettant du même coup fin à sa carrière.

L’avenir du marché de l’avion de transport à réaction semble dès lors menacé.

Cela n’empêche cependant pas l’excentrique et entreprenant Juan Trippe, fondateur de Pan Am (compagnie aérienne américaine fondée dans les années 1930) toujours avide de nouveauté – qui avait déjà commandé à Boeing, un hydravion géant avec … une suite nuptiale – de commander vingt 707.

Air France, puis Qantas lui emboîtent le pas. La tentation de réduire de moitié, la durée de vol d’un long-courrier, pour traverser l’Atlantique sans escale, est trop grande pour s’en passer.

Le 707 fut ainsi adopté par tous dans les années 1960.

Grâce à William Allen, Boeing s’impose définitivement en changeant l’art de voyager. Dans un même temps, en réduisant les distances d’un continent à l’autre, il prend enfin l’avantage sur Douglas, jusqu’alors leader du marché du transport civil.

 

Un succès  fulgurant

 

Dans son élan, Allen s’intéresse également à l’étude d’un moyen courrier.  C’est en 1964 qu’il construit 2000 exemplaires du B-727, premier triréacteur civil dont il occupe le marché à lui tout seul.

Mais son coup de maître reste à venir.

Il lance en 1968 le B-737, qui sans cesse modernisé restera le modèle le plus vendu de l’histoire avec plus de 6000 exemplaires. Un succès exceptionnel, jamais égalé à ce jour dans le domaine de l’aviation.

B-737

Le Boeing 737, l'avion de ligne le plus vendu au monde !


Boeing domine désormais totalement le marché du transport civil, engrange les bénéfices aussi bien dans le secteur militaire que spatial (missiles, hélicoptères, véhicule lunaire …)

Sauf que William Allen, a de nouvelles ambitions pour sa firme et en particulier pour l’avenir du transport aérien. Il croit fermement à l’avènement des appareils civils supersoniques.

Il rêve qu’un jour, un long courrier puisse transporter 400 passagers.

C’est avec la complicité de son ami de longue date Juan Trippe, toujours partant lorsqu’il s’agit d’innovation, qu’ils réfléchissent à la question.

Ce dernier lui assure une commande immédiate de ce nouveau gros porteur.

Ainsi Boeing lance en 1970, le B-747 qui propulsera le transport de masse dans un marché qui lui assurera la quasi-totalité du monopole sur les vols transocéaniques. Ce sont d’ailleurs les marges énormes engrangées par le 747 qui permirent au géant de Seattle de limiter la percé d’Airbus (créer en 1970) sur le marché durant un quart de siècle.

Le Boeing 747

Le Boeing 747


Cependant, avec la récession économique de 1969 à 1971, dû en partie à l’enlisement des États-Unis dans la guerre du Vietnam et une compétitivité accrue des pays européens et celle du Japon, un autre défi attend William Allen.

En effet, il doit sauver de la faillite sa firme, rendu exsangue par l’effondrement des commandes civiles et militaires. Il est contraint de réduire les effectifs et de faire des emprunts afin d’assurer les salaires.

Après trois longues années épuisantes à colmater les brèches, l’homme se retire en 1972, en ayant l’assurance que son groupe est enfin tiré d’affaire.

Avare de sourire, Willam Allen avait la réputation d’un homme intègre mais froid et distant. Ses caractéristiques peu affables occultèrent auprès du grand public sa passion pour l’innovation.

C’est pourtant grâce à ce grand patron visionnaire que le transport aérien entra dans l’ère du jet et surtout devint accessible à tous.

 

Les leçons de son succès :

  • Il faut rejeter a priori l’argument « C’est impossible à réaliser ».
  • La réserve et l’intégrité sont des ingrédients nécessaires pour diriger une compagnie.
  • Soyez présent à l’endroit où personne ne s’attend à vous voir.

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